Le dossier de la pouponnière « Keur Yeurmandé », qui avait provoqué une onde de choc nationale après la diffusion d’images insoutenables, continue de s’enliser dans les méandres judiciaires. Selon L’Observateur, la Chambre criminelle de Dakar a décidé, hier mardi 13 janvier 2026, de renvoyer une nouvelle fois l’examen de cette affaire hautement sensible. Le procès est désormais fixé au 10 février prochain. Ce nouveau renvoi est essentiellement procédural. D’après L’Observateur, plusieurs accusés non détenus, témoins et parties civiles étaient absents à l’audience, leurs citations n’ayant pas été régulièrement effectuées. Une situation qui a contraint la juridiction à ajourner les débats, au grand dam de l’opinion publique, toujours en attente de vérité et de justice dans ce dossier emblématique. Principale accusée, Ndella Madior Diouf, directrice de la pouponnière située à Sacré-Cœur 3, demeure derrière les barreaux. Sa demande de liberté provisoire a été rejetée par la Chambre criminelle, la maintenant au Camp pénal de Liberté 6 où elle est incarcérée depuis plus de deux ans, souligne L’Observateur. Une décision qui confirme la fermeté de la justice face à la gravité des faits reprochés. Au total, seize personnes sont poursuivies dans cette affaire tentaculaire. Les chefs d’accusation, d’une extrême lourdeur, donnent la mesure de l’horreur décrite dans le dossier. Il s’agit notamment de traite de personnes, exercice illégal de la fonction de médecin, privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger, obtention indue de certificat aux fins d’inhumation, infractions aux lois sur les inhumations, homicide involontaire, non-déclaration de naissance, ainsi que complicité de ces infractions, rapporte L’Observateur. L’affaire remonte à la fin de l’année 2023. Le 28 décembre, Ndella Madior Diouf est arrêtée puis placée sous mandat de dépôt. Quelques jours auparavant, une vidéo devenue virale avait bouleversé l’opinion publique sénégalaise et internationale. On y voyait un nourrisson agonisant, le corps amaigri, étendu sur un lit, tandis que des cris déchirants se faisaient entendre en arrière-plan. Ces images, qualifiées d’insoutenables par L’Observateur, avaient déclenché une vague d’indignation et une pétition réclamant la fermeture immédiate de la pouponnière. Six jours après la diffusion de la vidéo, la Brigade de protection de la Sûreté urbaine de Dakar interpelle la directrice de « Keur Yeurmandé ». Depuis son incarcération, Ndella Madior Diouf dénonce régulièrement des conditions de détention qu’elle qualifie d’oppressantes, sans toutefois parvenir à infléchir la position de la justice. Renvoyée au 10 février 2026, l’affaire « Keur Yeurmandé » continue www.dakaractu.com