La nuit du Nouvel An, l’hôpital de Sion a pris en charge 55 des blessés de l’incendie de Crans-Montana. Une prouesse pour l’établissement qui n’a pas les ressources d’un hôpital universitaire. Tout n’a pas pu être fait dans les règles de l’art. La solidarité et l’expérience ont compensé. Récit A l’approche de Nouvel An, l’équipe des urgences de l’Hôpital du Valais ne craignait ni la grippe, ni les frasques de fêtards éméchés et casse-cou. Encore moins un incendie. Non, l’inquiétude avait pour motif… Le système informatique. Le 1er janvier à minuit, les hôpitaux du pays ont changé leur système de tarification, passant du Tarmed au Tardoc. Pour faire face à de potentielles acrobaties administratives, le service avait mis à la tête de l’équipe de nuit un médecin expérimenté. C’est ainsi que Christophe Jobé, médecin adjoint de 38 ans à l’œil clair et aux mots précis, a commencé son service à 22 heures cette nuit-là. Les douze suivantes ont été les plus éprouvantes de sa carrière. Le 1er janvier, les urgences de Sion ont réceptionné, stabilisé et cherché à identifier cinquante-cinq blessés de l’incendie du Constellation. Des grands brûlés pour la majorité. Aucun n’est décédé. Treize jours plus tard, les artisans de ce tour de force ont accepté de se repasser le film, ensemble, dans un petit bureau encombré des urgences. «Une interview? Ce ne peut être qu’une parole collective, celle de l’équipe», avait insisté, la veille, la cheffe du service Florence Selz Amaudruz par téléphone. La médecin était déjà là à la création de ce service, au pied des montagnes, il y a vingt ans. Une «grande famille» solidaire et formatrice, y répète-t-on. Les stagiaires d’hier sont les cadres d’aujourd’hui, comme Christophe Jobé. Voir plus