Le royaume chérifien touche du doigt son rêve continental. Après des mois de préparation minutieuse et d’attente fébrile, le Maroc s’est qualifié pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, qu’il accueille sur son sol. Mais pour arracher ce précieux sésame face au Nigéria, les Lions de l’Atlas ont dû puiser dans leurs ultimes ressources et s’en remettre à leur gardien providentiel lors d’une interminable séance de tirs au but. Un piège tactique nigérian Éric Chelle l’avait annoncé sans détour : ses Super Eagles allaient renoncer à leur jeu offensif habituel pour privilégier la solidité défensive. Pari risqué pour une équipe qui avait inscrit quatorze buts lors de ses cinq premières rencontres, mais stratégie assumée face à la pression d’un stade Mohamed V entièrement acquis aux Marocains. La première période a confirmé ses appréhensions. Portés par leur public, les hommes de Walid Regragui ont monopolisé le ballon sans jamais parvenir à percer la muraille nigériane. Brahim Diaz a bien tenté sa chance d’une frappe enroulée, mais le poteau est venu au secours de Stanley Nwabali. Le gardien des Super Eagles, véritable rempart, a ensuite repoussé l’unique tentative cadrée marocaine, signée Ismael Saibari. L’impuissance offensive marocaine Au retour des vestiaires, le scénario s’est répété à l’identique. Malgré leur domination territoriale écrasante, les Lions de l’Atlas se sont heurtés à un adversaire remarquablement organisé. Victor Osimhen, habituellement si redoutable, est resté muet, tandis qu’Abdessamad Ezzalzouli voyait ses efforts freinés par de nouveaux arrêts de Nwabali. Le temps réglementaire s’est achevé sur un constat frustrant pour les locaux : une possession stérile face à des Nigérians disciplinés et patients. La prolongation n’a fait qu’accentuer cette impression, la fatigue réduisant progressivement l’intensité des assauts marocains. Le Nigéria s’est alors contenté de faire circuler le ballon, attendant son heure. Bounou, héros d’une nation C’est donc aux tirs au but que tout s’est joué, sous la tension maximale d’un stade retenant son souffle. Et c’est là que Yassine Bounou a endossé son habit de héros national. Le gardien marocain a détourné les tentatives de Samuel Chukwueze et Bruno Onyemaechi, offrant à son pays une victoire arrachée (0-0, 4-2 aux tirs au but) et un rendez-vous avec l’histoire. Dimanche prochain, face au Sénégal, le Maroc aura l’occasion de transformer ce rêve collectif en réalité. Un sacre continental à domicile : l’aboutissement d’une quête qui mobilise tout un royaume depuis deux ans. www.dakaractu.com