Comment le PLR s’inspire de ses amis belges pour reconquérir Lausanne

À Lausanne, le parti libéral-radical lance la bataille des communales avec une campagne clivante baptisée «Eux contre nous». Inspirée d’un parti belge de centre droit, elle mise sur la sécurité, l’insécurité et le ras-le-bol des Lausannois pour tenter de rééquilibrer une municipalité dominée par la gauche depuis vingt ans Après le drame de Crans-Montana, les partis vaudois ont annoncé une semaine de trêve et ont donc reporté leur rentrée politique de quelques jours. Une bouffée d’air pour de nombreux miliciens qui entament désormais le sprint final jusqu’aux élections communales du 8 mars prochain. À Lausanne, la droite a une revanche à prendre et souhaite que l’exécutif retrouve un équilibre plus mesuré qu’aujourd’hui où un seul PLR, en la personne de Pierre-Antoine Hildbrand, lutte contre six élus de gauche. Avec les problématiques de drogue, d’insécurité, de commerces ou encore de mobilité qui gangrènent la capitale, le parti libéral-radical a de quoi faire campagne. Cette semaine, sa section lausannoise a lancé les hostilités en dévoilant un concept visuel marquant: «Eux contre nous». Sur fond de rouge (pour la gauche) et de bleu (pour le PLR), des slogans sont affichés et n’hésitent pas à piquer là où ça fait mal en jouant de paronymie: «Pour la gauche, la sécurité est de droite. Pour nous, la sécurité est un droit.» Sortir des campagnes traditionnelles Suscitant déjà plusieurs dizaines de commentaires, ces posts, pour l’heure publiés uniquement sur les réseaux sociaux, sont une véritable machine à gagner, selon le PLR. Cette campagne dichotomique n’est pas une première. En effet, elle s’inspire de celle employée en Belgique par le Mouvement réformateur, un parti de droite, en 2024. À la tête de cette opération, on retrouve l’agence suisse Content Camp, qui est propriétaire du concept et le met à disposition de ses clients. «Jusqu’à présent cette campagne avait été utilisée uniquement en Belgique avec du succès à différents niveaux, témoigne Antoine Müller, responsable de la campagne PLR pour les élections à la municipalité. L’idée est de sortir des campagnes traditionnelles pour en finir avec ce statu quo «six contre un» qui dure depuis 20 ans à la municipalité.» Lire aussi: Marlène Bérard: «Il est plus facile de trouver du crack à Lausanne qu’une place de parc» Interrogé par le journal belge La Dernière Heure , Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur se dit «très heureux» de voir sa formule reprise à l’étranger. «Cela montre que c’était vraiment une bonne campagne, qu’elle était impactante et qu’on a un message qui est assez universel. C’est la démonstration de l’efficacité de la campagne et de l’universalité de son message.» «Ras-le-bol général» Selon Mathilde Maillard, candidate à la municipalité aux côtés de Pierre-Antoine Hildbrand et Marlène Bérard, ces visuels ont créé l’unanimité au sein du parti. «On voulait quelque chose d’efficace et qui parle aux gens. On sent un ras-le-bol général. Les gens n’en peuvent plus des dealers, de la consommation de drogue dans l’espace public ou encore des chantiers à ciel ouvert, dont celui de la gare.» Sans surprise, le PLR mise sur des thématiques telles que la sécurité, le pouvoir d’achat et ce que Mathilde Maillard appelle «la gabegie générale» pour faire campagne. Lire aussi: Mathilde Maillard, le pari du renouveau à droite La forme est définitivement devenue une priorité de nombreux partis pour gagner des élections. Cette semaine, Sarah Knafo, candidate d’extrême droite à la mairie de Paris et membre du parti d’Éric Zemmour, a été accusée d’avoir copié l’univers visuel du nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, pourtant de l’autre bord politique. À Lausanne, le PLR n’a pas fait ce grand écart mais compte bien surfer sur une campagne qui a déjà fait ses preuves.