Match Sénégal-Maroc : « Une confrontation fraternelle et presque symbolique », Cheikh Niang, ministre des affaires étrangères

À la veille de la finale de la CAN opposant le Sénégal au Maroc ce dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a accordé un entretien à RFI dans lequel il revient sur la profondeur des relations entre les deux pays, bien au-delà du rendez-vous sportif. Pour le ministre, cette finale « n’est pas un simple rendez-vous sportif » mais « une confrontation fraternelle et presque symbolique, où le football devient un miroir de l’Afrique, d’une Afrique qui avance, confiante, ambitieuse et unie dans sa diversité ». Les relations entre le Sénégal et le Maroc remontent bien avant les indépendances, à travers les routes transsahariennes où les peuples échangeaient déjà le savoir, le commerce et la spiritualité. Depuis l’indépendance du Sénégal en 1960, le Maroc est resté « un partenaire constant », marqué par « la régularité d’un dialogue permanent, la densité des échanges et la solidité de la confiance politique ». Le ministre a rappelé le rôle historique joué par le président Senghor avec les rois Mohammed V et Hassan II, un héritage aujourd’hui porté par le roi Mohammed VI et le président Bassirou Diomaye Faye. La dimension spirituelle, « un ciment silencieux mais extrêmement solide » La confrérie Tidjaniya, avec Fès comme pôle spirituel majeur, occupe une place centrale dans cette relation. « Ce lien dépasse largement les agendas politiques », a souligné le ministre, qualifiant cette dimension spirituelle de « fondatrice » et de « ciment silencieux mais extrêmement solide » entre les deux nations. Une coopération diplomatique fondée sur la « cohérence et la solidité » Sur le plan diplomatique, le ministre a caractérisé les relations entre Rabat et Dakar par deux mots : « cohérence et solidité ». Les deux pays partagent une convergence de vues sur l’intégration africaine, la stabilité régionale et « la nécessité de solutions africaines aux problèmes africains », se traduisant par un soutien mutuel constant dans les enceintes régionales et multilatérales. Une coopération économique « l’une des plus dynamiques sur le continent » Sur le plan économique, la coopération est qualifiée de « très dynamique ». Les investissements marocains au Sénégal sont présents dans les assurances, les banques, les télécoms, les infrastructures, l’habitat, l’agriculture et la formation professionnelle, illustrant « un modèle de coopération sud-sud, pragmatique, orienté vers des résultats ». Le Sénégal développe également, bien que timidement encore, une stratégie pour renforcer sa présence dans le tissu économique marocain. Le Maroc, deuxième destination des étudiants sénégalais Grâce à un accord de coopération académique signé dans les années 1960, les échanges universitaires sont très actifs. Le Maroc est actuellement le deuxième pays de destination, après la France, pour les étudiants sénégalais à l’étranger. Ces étudiants « deviennent naturellement des passerelles humaines entre nos deux pays, parfois même sans en avoir conscience », a souligné le ministre. Une finale qui célèbre « l’admiration mutuelle » Pour le ministre, la finale de dimanche sera « la célébration de l’admiration mutuelle, du respect mutuel, de l’amitié réciproque et d’une fraternité authentique, bien au-delà du score final ». Il a conclu en évoquant une anecdote personnelle : lors de la qualification du Sénégal pour les quarts de finale, de nombreux Marocains et binationaux sénégalo-marocains célébraient ensemble, preuve que « cette relation va de soi, tant elle est naturelle et fondée sur une grande fraternité ». www.dakaractu.com