OPINION. On se trompe en assimilant le fédéralisme uniquement avec la simple autonomie cantonale ou locale. Car le fédéralisme soutient aussi un dialogue permanent et entre égaux sur la manière d’améliorer, d’innover et de protéger notre société, écrit le politologue de l’Université de Lausanne Sean Müller Si Crans-Montana était la faute du fédéralisme, on aurait toutes les raisons d’être fâchés contre celui-ci! Mais l’on se trompe en assimilant le fédéralisme avec la simple autonomie cantonale ou locale. Un foedus [à l’origine étymologique du fédéralisme, ndlr], c’est avant tout un pacte, une alliance volontaire, où l’on se met d’accord sur une répartition des tâches la plus parfaite possible à un moment donné. Le fédéralisme, c’est donc aussi l’union, l’empathie et le secours, qui, dans cet événement meurtrier, ont largement dépassé nos frontières nationales. Cette «solidarité instinctive, spontanée» dont parlait le président du gouvernement valaisan Mathias Reynard à Martigny. Et à cela, personne ne veut évidemment renoncer, surtout pas lors de tels drames. Même dans sa version non centralisée, que Paul Cébille caractérise correctement comme étant basée sur un ancrage local fort et une attitude a priori libérale (même libertaire), le fédéralisme non seulement offre plein d’avantages, mais fonctionne aussi toujours très bien. Il y a d’abord les 26 cantons et 2110 communes, qui possèdent tous des organes délibératifs et exécutifs élus par le peuple. S’y ajoute la démocratie directe, exprimée à l’urne ou dans des assemblées. Et comme M. Cébille le constate, avec ces multiples liens directs vient surtout une plus grande responsabilité, non seulement des autorités mais aussi du peuple lui-même. Nulle part le bon mot «vous avez le gouvernement que vous méritez» ne se révèle plus vrai qu’en Suisse, où nous en avons même sur trois niveaux. C’est une véritable démocratisation de la fonction du président omnipuissant, incarnation formidable du «réflexe jacobin» français, dans les mots de M. Cébille. Grâce au fédéralisme, en Suisse, l’Etat, c’est nous. Voir plus