Crans-Montana, ou les limites du fédéralisme helvétique poussé à l’extrême

OPINION. L’absence d’un Etat centralisé et puissant ouvre la porte à toutes les formes de corporatisme, d’arbitraire et de pressions locales, écrit le politologue français et observateur de la Suisse Paul Cébille, qui se demande si la subtile architecture helvétique peut fonctionner face à des individus qui s’affranchissent des règles Observer attentivement la vie suisse depuis la France offre rarement des événements aussi tragiques qu’ils en interrogent les fondements du pays. Et pour cause, la Suisse est un écosystème parfait où la responsabilité individuelle apaise la société et où les rouages institutionnels sont bien huilés depuis plus de 150 ans. Le 1er janvier 2026, à Crans-Montana, ce n’est pas uniquement la vie de centaines de personnes qui a basculé, c’est aussi l’illusion commode d’un pays fier de son fédéralisme. Ce que ce drame sort de l’ombre, ce n’est pas seulement une succession de négligences ou de décisions malheureuses. C’est une manière d’organiser les pouvoirs, sur la base d’un fédéralisme poussé à l’extrême, du fond des âges, hérité d’une logique libérale et d’un conservatisme local sacré. Voir plus