Lors d’une audition marathon, Jacques Moretti «ne s’est pas dérobé», dit un avocat représentant des familles de victimes

Vingt jours après le drame de Crans-Montana, le patron du Constellation a été entendu pendant plus de huit heures mardi, soumis à une salve de questions par le Ministère public et les parties. Son audition doit se poursuivre ultérieurement. Son épouse sera entendue mercredi La journée a été un véritable marathon pour Jacques Moretti, entendu durant près de neuf heures, mardi, par trois procureures du Ministère public valaisan, en tant que prévenu après l’incendie du Constellation, à Crans-Montana, qui a provoqué la mort de 40 personnes et blessé 116 autres. L’audition s’est tenue en présence de ses défenseurs ainsi que de près d’une trentaine d’avocats représentant les parties plaignantes, répartis sur deux étages, la moitié étant contraints d’assister à l’interaction par écran interposé. A l’issue de cette journée-fleuve, c’est Me José Coret, conseil de six familles de victimes françaises et suisses, qui s’est présenté devant une nuée de journalistes pour résumer son déroulement – tant bien que mal compte tenu du secret qui s’applique aux parties et qu’elles semblent désormais vouloir respecter sous la menace d’une condamnation. «Jacques Moretti ne s’est pas dérobé derrière son droit au silence. Il a répondu à toutes les questions, que nous avons pu poser sans filtre, ce que je salue d’ailleurs.» Cet avocat vaudois se félicite que la justice soit entrée dans une phase d’instruction véritable, les parties n’étant plus tributaires des révélations, vraies ou fausses, de la presse qui «a pollué ce dossier». Il a toutefois ajouté que celle-ci a «comblé le vide autour d’une enquête qui n’a pas avancé assez vite», alors que «le silence a été imposé aux avocats». L’établissement des faits «avance» et les parties peuvent obtenir des réponses directement. Voir plus