Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé les autorités sénégalaises à libérer le commentateur Abdou Nguer, arrêté mercredi pour avoir mis en doute les déclarations d’un procureur sur les causes du décès d’un étudiant. « Détenir un commentateur pour ses remarques sur une procédure judiciaire d’intérêt public envoie un message intimidant à toute la presse sénégalaise », a déclaré Moussa Ngom, représentant du CPJ pour l’Afrique francophone. Il a exigé la libération immédiate de Nguer et demandé aux autorités de « cesser d’utiliser les accusations de fausses nouvelles pour priver les journalistes de leur droit à commenter librement les affaires publiques ». Abdou Nguer n’est pas un cas isolé. Il est le deuxième commentateur à être placé en détention sur de telles charges dans le cadre de la couverture d’une répression meurtrière lors de protestations universitaires. Le premier, Modou Fall de Sen TV, avait été arrêté le 11 février. Son procès doit rendre son verdict le 23 février, et il encourt une peine de six mois d’emprisonnement, note le CPJ. Le 19 février, le procureur a inculpé Nguer, commentateur indépendant, pour diffusion de fausses nouvelles et ordonné son jugement pour ce vendredi, avait indiqué son avocat, Aboubacry Barro. www.dakaractu.com