La Suisse alémanique, plus que jamais arbitre de l’initiative SSR

Côté alémanique, les partisans du texte pour faire baisser la redevance à 200 francs font feu de tout bois, tandis que l’UDC romande se retient de critiquer idéologiquement le média de service public. La concentration médiatique de l’autre côté du Röstigraben et un scepticisme historique à l’encontre de la SSR expliquent ces différences C’est peut-être le 1er juin 2021 que tout a commencé. L’émission Der Club de la SRF invite alors quatre personnalités pour débattre sur le thème: «La Suisse et l’UE: un désastre ou une nouvelle opportunité?» Parmi eux, Christa Markwalder conseillère nationale PLR, Jacqueline Badran, conseillère nationale socialiste, Thomas Cottier, professeur émérite de droit économique européen et international et président de l’association La Suisse en Europe, et Alfred Gantner, cofondateur et membre du conseil d’administration de Partners Group. Manque-t-il quelqu’un? Pour l’UDC, oui. Le parti s’empresse de le faire savoir, dès le lendemain, via communiqué de presse, déclarant que le service public est «hors de contrôle» et «ressemble de plus en plus à une chaîne d’ONG». L’émission est ainsi la «goutte d’eau qui fait déborder le vase», pour prendre les mots du communiqué, l’UDC fustigeant le fait de ne pas avoir été invité pour débattre sur l’UE. Le parti promet ainsi d’engager des suites politiques. Derrière cette fronde, un homme: Thomas Matter, qui déclare quelques jours plus tard que l’UDC réfléchit à plusieurs options, notamment celle de réduire la redevance audiovisuelle annuelle pour les particuliers de 335 francs à 200 francs, et d’en exempter les entreprises. Un peu moins de cinq ans plus tard, le peuple se prononce ainsi pour amputer, ou non, la SSR d’un peu moins de la moitié de ses revenus. Voir plus