La tradition des graffitis satiriques du carnaval broyard avait déclenché la polémique l’an dernier pour des propos racistes et antisémites, qui viennent d’être condamnés par le Ministère public vaudois. Cette année, les Barbouilleurs ont choisi un dessin sobre, et ont recueilli un fort soutien des fêtards Marsupilami, robes de sirènes, Spiderman et une armée de cônes de chantier sur pattes, sous une pluie de confettis multicolores: entre le son des cuivres et tambours et le débit joyeux des tireuses à bières, la fête était belle ce week-end à Payerne, pour la cuvée 2026 des Brandons. Sous les rayons inespérés d’un soleil d’hiver, les peluches géantes gagnées par de jeunes lanceurs de fléchettes suscitaient comme d’habitude des éclats de joie. Mais un sujet était pourtant incontournable, en Une du Journal des Brandons comme sur les vitrines des commerces et même sous forme d’autocollants sur les vestes des fêtards: les Barbouilles, cette année, ça n’était pas comme d’habitude. La tradition, vieille de plusieurs décennies, a en effet cette année été bouleversée par la polémique de l’an dernier: des graffitis apparaissant traditionnellement au petit matin sur les devantures des commerces, tracés par une bande de Barbouilleurs masqués, avaient choqué certaines de leurs cibles ainsi qu’une partie de l’opinion publique. Une référence à l’holocauste pour un gérant d’origine juive, des «yeux plissés» et «chiens en cuisine» pour des commerçants asiatiques, ou encore quelques insultes inventives: des plaintes avaient été déposées. Cette semaine, à quelques jours de la fête, onze tagueurs ou organisateurs en charge de la validation des textes ont reçu des peines allant jusqu’à 90 jours-amendes avec sursis par voie d’ordonnance pénale, pour discrimination, incitation à la haine ou encore injure selon les cas. Voir plus