Traite de personnes à Ziguinchor : un réseau présumé démantelé aux portes de l’exploitation sexuelle

Une affaire de traite de personnes à dimension transfrontalière a été portée devant la justice à la suite d’une enquête menée par les services spécialisés. Trois individus, présentés comme acteurs clés d’un réseau présumé, ont été déférés devant le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor pour des faits graves allant de l’association de malfaiteurs à la tentative d’exploitation sexuelle, en passant par le proxénétisme et l’usage de faux documents administratifs. Les investigations ont démarré après la présentation volontaire d’une victime présumée par un responsable communautaire, agissant sur instruction des autorités diplomatiques de la Sierra Leone accréditées au Sénégal. Les faits dénoncés faisaient état d’un recrutement frauduleux de jeunes filles sous couvert de promesses d’emploi, suivi d’un acheminement vers Ziguinchor. Selon les éléments recueillis, la recruteuse présumée, désignée par ses initiales M.F., aurait organisé, avec des complices, le recrutement en amont, la prise en charge des frais de voyage et l’hébergement des victimes à leur arrivée. Les auditions révèlent un système de dette imposée, présenté comme un remboursement obligatoire, conditionnant la liberté des victimes. Les jeunes filles auraient été sélectionnées à distance, notamment à partir de photographies, puis confiées à des tiers chargés de leur surveillance afin d’empêcher toute fuite. L’appartement mis à disposition, situé à Ziguinchor, aurait servi de cadre à l’exploitation présumée. Le propriétaire des lieux, identifié par les initiales F.K.T., a reconnu louer l’appartement moyennant une somme mensuelle. Il a également admis avoir donné des consignes strictes visant à limiter les allées et venues et à éviter toute visibilité, notamment la réception de clients à des horaires nocturnes. Une autre mise en cause, M.C. a confirmé son rôle de surveillance des victimes. Elle a par ailleurs reconnu l’usage d’un document consulaire frauduleux, obtenu auprès d’un tiers spécialisé dans la confection de fausses cartes contre rémunération, destinées à des victimes de traite et à des personnes se livrant à la prostitution dans la région. Au terme de l’enquête, M.F., F.K.T. et M.C. ont été présentés au procureur par procès-verbal en date du 22 février 2026. www.dakaractu.com