Stefan Holenstein: «La Suisse est désormais une faille dans la sécurité de l’Europe»

Réunie en assemblée générale à Berne, l’Association des sociétés militaires suisses a lancé un avertissement sévère au monde politique, accusé d’«immobilisme» face à la dégradation de la situation sécuritaire en Europe. Son président, le Zurichois Stefan Holenstein, plaide pour un sursaut rapide et défend la hausse de la TVA pour financer l’armée Le moral des milices et de l’armée est «au plus bas, désabusé et frustré». C’est le sentiment qui a prédominé lors de la dernière assemblée générale de l’Association des sociétés militaires suisses (ASM) qui s’est tenue le week-end dernier à Berne. A son terme, celle-ci a tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué pour le moins virulent. La plus importante organisation de militaires de milice du pays, forte de plus de 200 000 membres, dénonce «l’immobilisme» du parlement et des partis politiques face à la montée des risques. Le point avec le président de l’ASM depuis 2021, le Zurichois Stefan Holenstein. Docteur en droit dans le civil, ce colonel d’état-major a également présidé la Société suisse des officiers entre 2016 et 2021. Colère, incompréhension, déception… Vos mots sont forts contre la classe politique face à la situation sécuritaire du pays. Pourquoi cette prise de position? Parce que les faits sont clairs. Ce 24 février marque les 4 ans du retour de la guerre en Europe. En 2022, le parlement a réagi immédiatement en décidant d’augmenter progressivement les dépenses militaires vers 1% du PIB, d’ici à 2030 au plus tard. C’était un signal positif. Mais depuis, les choses n’ont pas avancé d’un pouce. Nous, pays riche, restons autour de 0,7%. En comparaison européenne, c’est très faible. L’Allemagne, par exemple, dépasse désormais les 2%, et plusieurs pays visent 3,5%, voire 5%. C’est la source de notre frustration. La Suisse est désormais une faille dans la sécurité de l’Europe, tandis que les sessions fédérales se succèdent sans aboutir à une solution susceptible de rallier une majorité. Les formations du camp bourgeois ne parviennent pas à s’entendre, déjà en compétition pour les élections fédérales de 2027. Et que dire du Parti socialiste, dont le programme réclame toujours la suppression de l’armée? Voir plus