Voix posée mais ton tranchant, Barthélémy Dias a fait face à la presse ce mercredi dans un exercice qui ressemblait autant à un acte d'accusation qu'à une déclaration d'intention. En effet, le président du mouvement « Sénégal Biñu Bokk » a livré pendant de longues minutes un discours nourri, mêlant critique radicale du pouvoir en place, propositions programmatiques concrètes et appel vibrant à la mobilisation citoyenne. Son diagnostic tient en une phrase, répétée comme un leitmotiv : « Le Sénégal est malade. » Une maladie sans nom selon lui, mais dont les symptômes sont bien identifiables notamment , le manque d'autorité, le déficit de leadership et l'absence de vision. Il tire sur le duo gouvernant, et l'accuse de n'avoir « toujours pas compris qu'on ne les a pas invités à occuper un canapé, mais bien un fauteuil ». Pour Barth, la fonction présidentielle impose des obligations claires : protéger, planifier, assumer. Des obligations que le régime actuel, à ses yeux, n'honore pas. Sa charge se fait plus précise lorsqu'il aborde la gestion des finances publiques. Il fustige un exécutif dont les priorités lui semblent diamétralement opposées aux besoins réels du pays : cinq milliards de francs CFA débloqués pour indemniser ce qu'il appelle des « insulteurs et des casseurs », des véhicules à cinquante millions offerts à des députés, tandis que les bourses étudiantes stagnent et que les bourses familiales sont menacées. « La priorité de ce régime, ce n'est pas de baisser le coût de la vie », assène-t-il, dénonçant au passage des déplacements en jet privé et une communication faite, selon lui, de « contre-vérités » destinées à endormir des populations qu'il décrit comme « torturées, assoiffées et affamées ». Mais Barthélémy Dias n'est pas venu que pour dénoncer. Le leader de « Sénégal Biñu Bokk » a pris soin de décliner un programme, à la fois précis et ambitieux. Il réclame une transparence totale sur les recettes pétrolières et gazières, qu'il considère comme un patrimoine appartenant à l'ensemble des Sénégalais. Il plaide pour la préservation des acquis étudiants, le respect des engagements de l'État vis-à-vis des syndicalistes, un plan national d'irrigation structuré pour les populations du Nord, un fonds de stabilisation pour l'alimentation du bétail et un programme national de santé animale. Il appelle également à une réforme rigoureuse des finances publiques, ainsi qu'à un programme de sécurisation côtière, avec une attention particulière portée aux habitants de Saint-Louis, directement menacés par l'évolution préoccupante de l'embouchure du fleuve Sénégal. Sur les questions sociales fondamentales, il s'engage à rendre l'éducation et la santé gratuites et accessibles à tous, « à l'image d'un pays comme la France ». Il le dit sans détour que c'est une question de priorité, et la priorité de son mouvement, c'est l'humain. www.dakaractu.com