Moderniser son système de communication pourrait coûter plus cher que prévu à l’armée

Le projet visant à remplacer les équipements de télécommunications de l'armée d’ici 2035 connaît des retards, indique mercredi le Contrôle fédéral des finances. Le budget fixé initialement à 1,92 milliard de francs pourrait être revu à la hausse L'armée suisse connaît des retards et de possibles surcoûts dans la modernisation de son système de communication. Le Contrôle fédéral des finances pointe du doigt les entreprises partenaires Elbit et Ruag MRO. Cette dernière a mis du temps à signer un contrat d'acquisition. Le projet vise à remplacer d'ici 2035 les équipements de télécommunications de l'armée, pour un montant total d'environ 1,92 milliard de francs. Les coûts totaux générés se montaient au 30 juin 2025 à 543,8 millions de francs, indique le Contrôle fédéral des finances (CDF) dans un rapport publié mercredi. Le projet comprend deux volets. Un doit remplacer le réseau intégré de télécommunications militaires (RITM). L'autre vise le changement du système de communication mobile. Concernant le renouvellement du RITM, le projet a été attribué à Ruag MRO en juin 2021. Le mandat portait sur 81,1 millions de francs, et le contrat-cadre prévoyait un plafond de dépenses de 78,5 millions. Un contrat d'acquisition devait être conclu d'ici fin 2024. Dans son rapport établi en décembre, le CDF a constaté qu'aucun contrat n'avait alors été signé, estimant la hausse des coûts à environ 2,6 millions par rapport au montant initial. Lire aussi: Stefan Holenstein: «La Suisse est désormais une faille dans la sécurité de l’Europe» Un contrat d'acquisition signé tardivement Initialement, des divergences commerciales «fondamentales» existaient entre l'Office fédéral de l'armement (armasuisse) et Ruag MRO à propos du volume du projet et des coûts de licence. Ces divergences ont entre-temps été réglées, et le contrat signé. Il a notamment été convenu que Ruag MRO fournisse par étapes des prestations partielles à l'armée, en application d'un modèle appelé «collaboration agile». Le risque d'obtenir une solution inadaptée est ainsi diminué. Le CDF relève aussi l'absence d'exigences en matière de contribution opérationnelle ou de garantie d'accès au savoir-faire et aux ressources humaines. Ces lacunes empêchent une bonne collaboration à long terme. Le CDF plaide pour une «stabilisation durable des relations en place». Dans leurs prises de position publiées dans le rapport, l'état-major de l'armée, le commandement Cyber du Département fédéral de la défense et armasuisse saluent la signature dans l'intervalle du contrat d'acquisition, sur le modèle de «collaboration agile». Malgré la mise en garde du CDF, le plafond budgétaire est au final inférieur de plusieurs dizaines de millions à celui qui avait été fixé au début des négociations, est-il souligné. Lire aussi: F-35, système Patriot, radar… Les feux sont au rouge pour les grands projets de l’armée Problèmes de qualité et difficultés de livraison Quant à la deuxième partie du projet, touchant au remplacement du système de communication mobile, le volume du contrat avec le fournisseur israélien Elbit atteint 377 millions de francs, TVA comprise. Ce volet prend aussi du retard en raison de problèmes de qualité et de difficultés de livraison. Ces problèmes entraînent une nouvelle planification et des surcoûts potentiels, en cas de maintien des quantités initialement prévues, avertit le CDF. Elbit devait prouver que ses produits possèdent bien la qualité requise lors de tests de réception. Les résultats se situent dans les taux de tolérance admissibles, relève le commandement Cyber. Des tests approfondis seront menés d'ici mi-mars et la planification révisée d'ici la fin du premier trimestre. Dans l'intervalle, il n'est pas possible de se prononcer sur le calendrier et les coûts du projet. L'armée a réexaminé ses besoins en nouveaux équipements radio.