Fini la prison pour remplacer de petites amendes impayées? Une réforme susceptible d’être tuée dans l’œuf au National

Les établissements pénitentiaires de Suisse regorgent de personnes n’ayant pas pu s’acquitter de leurs contraventions. Une motion, visant à limiter le champ de ces peines de substitution et à dépénaliser certains comportements peu graves, sera combattue lundi prochain à Berne La question sensible des peines de substitution reviendra hanter le parlement fédéral en début de semaine prochaine. Un sujet plutôt complexe, mais qui peut se résumer ainsi: est-il bien raisonnable d’envoyer en prison ceux qui ne peuvent pas payer leurs amendes? Interpellé sur ce point par la conseillère nationale Jessica Jaccoud (PS/VD), le Conseil fédéral est partant pour plancher sur un projet afin de limiter ce phénomène qui coûte cher à la collectivité et qui remplit un univers carcéral déjà saturé de personnes ne présentant guère de danger pour autrui. C’était compter sans la contre-attaque de trois parlementaires qui s’opposent à la motion et veulent tuer dans l’œuf le changement législatif envisagé. Parmi les rétifs à une réforme du mécanisme de conversion, il y a Philippe Nantermod (PLR/VS), Philipp Matthias Bregy (Le Centre/VS) et Mauro Tuena (UDC/ZH). Le premier prendra la parole ce lundi pour défendre le statu quo au nom de l’égalité de traitement. Il nous résume sa pensée: «Il ne faut pas permettre à des gens insolvables de commettre des infractions en toute impunité, sans jamais purger de peine. C’est injuste pour le reste de la population et cela va à l’encontre du principe selon lequel chacun doit payer pour ses fautes.» Voir plus