Avec la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, confirmée par la télévision d’État iranienne à la suite des frappes conjointes américano-israéliennes du 28 février 2026, un nom s’impose désormais au cœur de la transition politique en Iran : Ali Larijani. Né en 1958, Larijani est l’une des figures les plus expérimentées de la République islamique. Ancien commandant des Gardiens de la révolution, il avait été nommé en 2005 négociateur en chef de l’Iran sur le dossier nucléaire, conduisant les pourparlers avec les grandes puissances occidentales dans le groupe dit “5+1”. Pragmatique mais intransigeant sur le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium, il avait démissionné de ce poste en 2007, en raison de divergences avec le président Ahmadinejad sur la stratégie à adopter. Il avait ensuite présidé le Parlement iranien pendant dix ans, de 2008 à 2020. Il dirige actuellement le Conseil suprême de la sécurité nationale et jouit, selon le New York Times, de la pleine confiance de Khamenei. Bien avant les frappes, son rôle avait déjà évolué vers celui d’un véritable homme fort du régime. Dès le mois de janvier, face aux menaces croissantes de Washington et aux tensions internes, Larijani avait pris en charge les affaires politiques et sécuritaires sensibles, reléguant au second plan le président élu Masoud Pezeshkian. Il supervisait notamment la répression des manifestations, la diplomatie nucléaire avec Washington, et la coordination avec les alliés régionaux tels que la Russie, le Qatar et Oman. Avant le début des frappes, Khamenei avait par ailleurs autorisé un cercle restreint de proches politiques et militaires à prendre des décisions en cas d’élimination ou d’incapacité, désignant quatre niveaux de succession pour les postes clés. Malgré ce positionnement central, Larijani se heurte à une limite constitutionnelle de taille. Il ne pourrait pas accéder au titre de Guide suprême, car il n’est pas un clerc chiite de haut rang, condition requise par la Constitution iranienne pour occuper ce poste. Les trois candidats identifiés par Khamenei lui-même pour lui succéder sont le chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i, son chef de cabinet Ali Asghar Hejazi, et Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique. En attendant qu’un nouveau Guide suprême soit désigné par l’Assemblée des experts, Ali Larijani s’impose comme l’homme clé de la transition, dans un Iran meurtri, sous les bombes, et à la croisée des chemins. www.dakaractu.com