Suite à l’annonce du ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, portant sur le rappel de tous les véhicules de transport en commun de type minicar (12 à 19 places), communément appelés « Cheikhou Chérif », la colère gronde chez les chauffeurs. À la gare des Baux Maraîchers de Pikine, les conducteurs rencontrés ne cachent pas leur incompréhension face à une mesure qu’ils jugent « brutale » et « non concertée ». Selon eux, l’État aurait dû associer les principaux acteurs du secteur avant toute décision impactant directement leur outil de travail. « On ne nous a pas consultés. On travaille dans des conditions déjà difficiles, et aujourd’hui on nous impose un rappel sans explication claire », déplore un chauffeur, visiblement remonté. Les transporteurs estiment que cette décision risque d’avoir des conséquences directes sur leurs revenus. Pendant la période de rappel, les véhicules devront se présenter au centre de contrôle technique, ce qui pourrait entraîner des immobilisations et donc une baisse des recettes quotidiennes. « Chaque jour sans rouler, c’est une perte. Beaucoup de familles vivent de cette activité », confie un autre conducteur. La question des porte-bagages cristallise également les tensions. Certains chauffeurs redoutent que les nouvelles exigences entraînent leur suppression ou leur limitation. « Si on enlève les porte-bagages, ce sont les clients qui vont en souffrir. Les passagers voyagent souvent avec des charges importantes. Cela va compliquer davantage notre travail et créer des tensions à bord », soutient un conducteur. Si les chauffeurs reconnaissent la nécessité de lutter contre les accidents de la route, ils insistent sur le fait que les réformes doivent se faire dans le dialogue. « Nous ne refusons pas le contrôle. Nous demandons simplement à être écoutés et associés aux décisions », résume l’un d’eux. À la gare des Baux Maraîchers, l’inquiétude demeure vive, les professionnels du transport redoutant que cette mesure, prise sans concertation selon eux, ne fragilise encore davantage un secteur déjà confronté à de nombreuses difficultés. www.dakaractu.com