Le Premier ministre Ousmane Sonko affirme que «90% des forces politiques ayant conquis le pouvoir reviennent à Pastef». Une déclaration, non seulement, audacieuse…, mais, fausse. Purement et simplement. Restons néanmoins dans sa logique. Bassirou Diomaye Faye a été élu avec 54,28% des voix. Le calcul est simple : 90% de 54,28% = 48,8%. On serait alors en plein régime de Amadou Ba, Monsieur le Premier ministre ! Mais, au-delà des chiffres, il y a une réalité plus profonde : la contribution de la Coalition Diomaye Président est en réalité non quantifiable, voire inestimable. Elle se mesure en renfort de crédibilité, en logistique (les alliés ont cotisé au total près de 400 millions pour la campagne) en courage politique et en résistance. Autre fait déterminant : la présence de Diomaye sur le bulletin de vote n’est pas tombée du ciel. Habib Sy et Cheikh Tidiane Dièye ont été parrainés grâce aux députés de Pastef. Pendant ce temps, le candidat Bassirou Diomaye Faye devait franchir le périlleux second tour du parrainage citoyen. Rappelons aussi que Pastef était frappé d’illégalité. Pastef était dissout, ses responsables étaient soit en prison, soit contraints à la clandestinité ; certains ont même fui dans un pays voisin. D’autres, forts en thème, aujourd’hui, sur leurs pages Facebook, étaient aux abonnés absents. Qui a tenu la campagne sur le terrain pendant ces semaines critiques ? Qui a organisé la résistance et maintenu le programme de rupture vivant dans l’esprit des Sénégalais ? Ce sont les alliés. Qui a fourni les bannières légales et sécurisé les candidatures ? La Coalition Diomaye Président. Personne ne dénie le mérite de Pastef dans son combat héroïque contre le régime de Macky Sall. Mais, lorsque celui-ci a failli réussir à casser la dynamique de combat, il a fallu le courage et la détermination des hommes et des femmes de la coalition Diomaye Président pour asséner le coup de grâce final. Il faut rappeler aux négationnistes de l’histoire politique très récente du Sénégal que la coalition s’est battue contre le report des élections, à un moment où beaucoup étaient tentés par le compromis. Elle a ajouté de la crédibilité, notamment, au niveau international, rassurant partenaires et observateurs sur la solidité démocratique de l’alternative. Ce sont également des membres de la coalition qui ont été à l’origine de la jonction des forces ayant abouti à l’avènement du F24. Habib Sy, Khalifa Sall et Mouhamadou Mbodj sont des témoins que l’Histoire pourrait convoquer. Dire aujourd’hui que Pastef a conquis le pouvoir seul, c’est tronquer l’histoire politique très récente du Sénégal. Nier cette réalité, c’est refuser de reconnaître que la vraie rupture s’est construite en coalition, pas en solo. Aujourd’hui, vouloir réécrire cette histoire commune relève d’une amnésie politique dangereuse. Car, nier la part des autres dans une victoire collective, c’est ouvrir la voie aux fractures de demain. La véritable trahison serait de nier que la coalition a rendu la victoire possible en refusant la manœuvre de report et en apportant du sang neuf ainsi que des voix supplémentaires qui ont permis l’élection du Président Bassirou Diomaye Faye, dès le premier tour.. Qu’on le veuille ou non, les chiffres sont têtus, mais, l’Histoire l’est encore plus. La victoire du 24 mars n’est ni un trophée partisan ni un brevet d’exclusivité. Elle est le fruit d’un front, d’un sursaut national, d’une alliance forgée dans l’adversité. Réduire cette conquête à une seule chapelle politique, c’est insulter l’intelligence collective des Sénégalais et fragiliser l’équilibre même qui a permis l’accession au pouvoir. La rupture ne s’est pas écrite en solitaire. Elle s’est construite en coalition. Et ceux qui veulent, aujourd’hui, confisquer la victoire prennent le risque de fissurer ce qu’ils prétendent défendre. L’Histoire retiendra une chose simple : sans la coalition, il n’y aurait pas eu de victoire au premier tour.. Lababa Faye Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP) www.dakaractu.com