La session de printemps a débuté ce lundi à Berne avec un hommage aux victimes de Crans-Montana au National. Les sénateurs, de leur côté, ont commencé à analyser la loi urgente pour les victimes présentée la semaine dernière par le Conseil fédéral La session parlementaire a débuté ce lundi par un moment d’hommage aux victimes de Crans-Montana. Le président du National Pierre-André Page (UDC/FR) a ouvert les débats en rappelant que «deux mois se sont écoulés depuis cette nuit du Nouvel An, une nuit qui a marqué nos cœurs. Elle nous habite encore, elle nous hante, et il est de notre devoir de ne jamais l’oublier. Nous devons tirer les leçons de cette nuit noire, examiner nos lois, renforcer nos protections, pour que jamais plus une telle tragédie ne se reproduise.» Les élus se sont ensuite levés pour honorer, en silence, la mémoire des victimes, de leurs familles et de leurs proches. La scène s’est répétée à la Chambre haute, où le président Stefan Engler (Le Centre/GR) a souligné le «chemin long et difficile» qui attend les survivants. Il leur a adressé ses pensées et a invité les sénateurs à se lever pour une minute de silence. Vers un détricotage de la Lex Crans-Montana? En coulisses, les travaux sur la loi urgente présentée le 25 février par le Conseil fédéral ont débuté. Ce projet contient trois parties distinctes: une contribution de solidarité unique de 50 000 francs pour chaque personne blessée, ainsi qu’aux proches des personnes décédées. Une table ronde, sur base volontaire et réunissant victimes, proches, assurances, responsables potentiels et autorités est également prévue, avec un financement maximal de 20 millions de francs de la part de la Confédération. Enfin, Berne prévoit de soutenir les cantons, avant tout pour les coûts extraordinaires liés à l’aide aux victimes prévue par la loi fédérale sur l’aide aux victimes. Une enveloppe de 8,5 millions de francs est prévue à cet effet. La Confédération est prête à débloquer plus de 35 millions de francs pour ces trois volets. La Commission des affaires juridiques (CAJ) des Etats s’est réunie ce lundi pour discuter du contenu de cette loi urgente. Mais leurs travaux préparatoires n’ont pas abouti et les discussions continuent mardi matin. Selon plusieurs parlementaires contactés par Le Temps , la table ronde, assortie d’un financement de 20 millions, n’est pas perçue comme un élément tombant sous le coup du droit d’urgence. Cette partie devrait donc être traitée selon le droit ordinaire en vigueur. D’autant plus que ces tables rondes devraient durer plusieurs mois et pourraient être financées séparément. Les sénateurs se prononceront mercredi sur le sujet, tandis que les membres de la CAJ du National se pencheront sur le projet jeudi. Lire aussi: Drame de Crans-Montana: le Conseil fédéral accorde 50 000 francs à chaque victime Les cantons prolongent l’aide immédiate De son côté, la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) a décidé, ce lundi, de «continuer à coordonner l’aide intercantonale aux victimes de Crans-Montana et de prolonger son aide immédiate jusqu’au 31 mars». La CDAS a expliqué dans un communiqué que «cette prolongation concerne l’aide immédiate générale. Il s’agit de certaines prestations de soutien individuel, comme celles liées au séjour dans un hôpital de soins aigus». De plus, les prestations d’aide immédiate accordées pour les frais d’avocat ont également été doublées, passant de dix à vingt heures. «En raison des graves conséquences de cet événement pour les personnes touchées, il est important pour la CDAS que les prestations octroyées dans le cadre de l’aide aux victimes continuent d’être versées de manière aussi simple et cohérente que possible», a encore précisé le comité de la CDAS. Lire aussi: Doris Leuthard présidera la fondation pour les suites du drame de Crans-Montana