A Genève, le procureur général a requis un verdict d’assassinat ainsi qu’une peine de 14 ans et 6 mois dans l’affaire du médecin qui fumait du crack avec son épouse. Pour l’accusation, le prévenu a agi par frustration et sans être emporté par une hallucination Un mois avant de se faire tirer dans le dos par son mari, elle lui avait écrit: «j’aime la vie et toi, je ne me suiciderai jamais.» Une phrase qui résonne aujourd’hui comme un terrible paradoxe. «Pour elle, il a été la mort». A l’heure de son réquisitoire, le procureur général Olivier Jornot n’a pas eu de mots assez durs pour décrire ce dermatologue qui a tué sa femme de plusieurs manières. D’abord en lui livrant de la drogue, en la contrôlant et en l’isolant. Puis en utilisant contre elle le revolver le plus puissant du monde. Et enfin en «déployant une énergie considérable pour la noircir» afin de s’exonérer et se faire passer pour une victime. Pour «ce carnage», Olivier Jornot réclame un verdict d’assassinat, tant le mobile est futile et la manière d’agir odieuse. Même si le parquet veut bien admettre l’existence d’un couple pathologique, tout est ici «gravissime» et le prévenu n’a jamais exprimé la moindre prise de conscience. En tenant compte de toutes les circonstances de cette affaire et de la diminution légère de responsabilité ainsi que des autres infractions reprochées, c’est une peine privative de liberté de 14 ans et demi qui est requise. Avec un traitement ambulatoire à la clé. Voir plus