Après un débat sur deux jours, le Conseil national a rejeté ce jeudi l’initiative visant à inscrire la notion d’une neutralité «perpétuelle et armée» dans la Constitution. Deux visions se sont affrontées: l’UDC a défendu un principe strict, tandis que les autres partis ont plaidé le maintien d’une approche plus souple La statue de Nicolas de Flüe veille toujours sur le grand hall du Palais fédéral. Mais rarement le nom du saint patron de la Suisse n’aura été aussi souvent invoqué sous la Coupole que lors des discussions autour de l’initiative sur la neutralité, que le Conseil national a largement rejetée ce jeudi par 128 voix contre 60. Le débat fleuve, passionné, s’est déroulé sur deux jours. Le voyage à travers le temps fut impressionnant: remontant de la Constitution de 1848 jusqu’à la «paix perpétuelle» de Fribourg signée en 1516 après la bataille de Marignan. Sans oublier les traités de Vienne de 1815 et de Westphalie en 1648. L’UDC saint-gallois Lukas Reimann a même appelé le philosophe Kant à sa rescousse. Deux lectures très différentes de l’histoire suisse se sont entrechoquées dans la salle du Conseil national. Il y a d’un côté celle de l’UDC, qui souhaite avec ce texte inscrire dans le marbre, c’est-à-dire dans la Constitution, la notion stricte d’une neutralité helvétique «perpétuelle et armée». Cela aurait pour conséquence d’empêcher toute adhésion à une alliance militaire ou de défense, mais aussi toute participation à des sanctions économiques et diplomatiques contre un Etat belligérant, à l’exception de celles décidées par l’ONU. C’est d’ailleurs la reprise des sanctions de l’Union européenne contre la Russie qui a convaincu en 2024 les initiants de se lancer. Parmi eux, Christoph Blocher et Pro Suisse, organisation née de la fusion de plusieurs associations dont l’ASIN (Association pour une Suisse indépendante et neutre). Voir plus