Le témoignage d’une Suissesse bloquée à Doha met en lumière les limites de l’aide que la Confédération peut apporter à ses ressortissants à l’étranger. A Berne, certains élus souhaitent assouplir la loi, tandis que d’autres défendent la responsabilité individuelle L’angoisse est toujours palpable à Doha. Sophie* s’y trouve en escale forcée depuis samedi. La Suissesse revient du Sri Lanka, où elle a rendu visite à son grand-père. Pour rentrer à Genève, elle devait transiter par la capitale qatarie. L’avion était déjà en vol lorsque le pilote a annoncé un demi-tour: l’Iran s’apprêtait à viser la zone. Depuis, la compagnie la loge dans un hôtel. Jointe par téléphone jeudi, elle raconte: «J’entends des explosions au loin et j’ai peur de mourir.» Elle appelle régulièrement l’ambassade, qui tente de la rassurer. «Mais elle ne peut rien faire, car la Suisse n’a pas d’avion de rapatriement. On se sent délaissés, alors que des ressortissants européens ont pu être escortés vers une zone plus sûre.» Doha se trouve entre l’Iran et une base militaire américaine. «On est comme coincé dans une enclave. On espère qu’il y aura un couloir aérien, qu’une solution sera trouvée!» Elle comprend que la responsabilité individuelle est de mise en Suisse, «mais Doha était juste un lieu de transit, souligne-t-elle. Avant notre départ, le Qatar n’était pas classé comme zone de conflit. Je n’ai pas choisi de me rendre ici, j’ai juste rendu visite à mon grand-père sri-lankais, qui est seul.» Elle craint d’être «délaissée» par la Confédération et de rester bloquée plusieurs mois. Voir plus