Expulsion de Suisse de deux ressortissants étrangers: une intervention sans précédent de l’ex-cheffe de Fedpol selon le Conseil fédéral

Un journaliste palestinien et un militant d’extrême droite avaient été interdits de territoire à la suite d’une intervention personnelle de Nicoletta della Valle, renversant un premier avis de ses services. Le gouvernement ne remet pas en cause le fonctionnement de Fedpol mais juge l’intervention de l’ex-cheffe de la police fédérale exceptionnelle C’est une affaire qui commence à avoir de nombreux tiroirs. Fin 2024 et début 2025, l’ex-cheffe de l’Office fédéral de la police (Fedpol), Nicoletta della Valle, intervenait personnellement pour renverser deux décisions de son administration: ses services avaient refusé de prononcer une interdiction d’entrée pour deux ressortissants étrangers, le militant autrichien d’extrême droite Martin Sellner, en octobre 2024, et le journaliste palestinien Ali Abunimah, en janvier 2025. En novembre l’année passée, la Commission de gestion du Conseil des Etats publiait un rapport sur la question . Il constatait dans ces deux cas une marche à suivre qui «s’écartait de la procédure habituelle» et soumettait au Conseil fédéral cinq recommandations, auxquelles ce dernier devait répondre à la fin de février. C’est désormais chose faite . En préambule, le gouvernement estime qu’il n’y a pas de dysfonctionnements systémiques ni de pratiques ou procédures à réviser de fond en comble au sein de Fedpol. Il considère ainsi «que les compétences internes et les processus de Fedpol sont adéquats». Toutefois, il reconnaît, tout comme l’enquête de la CdG-E sur laquelle il se prononce, certains manquements, spécifiquement liés aux interventions de Nicoletta della Valle. Pour rappel, la police fédérale avait conclu qu’aucune interdiction de territoire ne se justifiait dans les deux cas précédemment cités, à la suite d’une demande de la police cantonale zurichoise. Cette dernière avait ensuite réitéré sa demande, et ce n’est qu’à ce moment-là que Nicoletta della Valle avait personnellement renversé la décision de ses services. Contactée, l’ex-cheffe de Fedpol n’a pas répondu à nos questions au moment de publier cet article. Voir plus