PJF : Face au parquet, Farba Ngom obtient gain de cause devant la Chambre d’accusation financière

La bataille judiciaire autour de Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, connaît un nouveau rebondissement. Saisie par le parquet financier qui contestait la décision du juge d’instruction ayant levé son mandat de dépôt, la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a finalement confirmé la mise en liberté sous contrôle judiciaire de l’intéressé. Selon les informations rapportées par L’Observateur, la juridiction a également rejeté la demande du ministère public visant à suspendre l’examen du dossier dans l’attente d’une décision du Conseil constitutionnel sur une question juridique liée à la loi sur le blanchiment de capitaux. Le parquet débouté par la Chambre d’accusation Tout part des ordonnances rendues le 7 janvier 2026 par le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Ces décisions avaient ordonné la mainlevée du mandat de dépôt de Farba Ngom et son placement sous contrôle judiciaire, une option à laquelle le parquet s’était fermement opposé. Le procureur de la République financier, Abdoulaye Sylla, avait alors immédiatement interjeté appel. Dans son recours, il demandait à la Chambre d’accusation financière de surseoir à statuer, estimant que certaines questions juridiques de fond devaient d’abord être tranchées par le Conseil constitutionnel. Mais dans son arrêt rendu le 12 février 2026, la Chambre d’accusation a rejeté cette requête et confirmé la décision initiale du juge d’instruction. Comme le souligne L’Observateur, la juridiction considère que les arguments avancés par la défense de Farba Ngom constituent des contestations sérieuses, suffisantes pour justifier la levée du mandat de dépôt dans ce dossier de présumé blanchiment de capitaux. L’argument du sursis rejeté Pour soutenir sa demande de suspension de la procédure, le parquet s’appuyait sur un arrêt de la Cour suprême du 6 novembre 2025. Cette décision avait cassé une précédente ordonnance dans une affaire impliquant Ndèye Seynabou Ndiaye et ordonné la saisine du Conseil constitutionnel afin d’examiner une exception d’inconstitutionnalité portant sur certaines dispositions de la loi de 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux. Le ministère public estimait que cette procédure parallèle devait conduire à geler l’ensemble des dossiers similaires, y compris celui de Farba Ngom, jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel. La Chambre d’accusation financière n’a pas suivi ce raisonnement. Elle estime que la procédure visant Ndèye Seynabou Ndiaye est distincte et ne peut avoir pour conséquence de bloquer les droits procéduraux des autres personnes mises en cause. Le droit de demander la liberté provisoire rappelé Dans son arrêt, la juridiction rappelle également un principe fondamental de la procédure pénale : tout inculpé peut demander sa liberté provisoire à n’importe quel moment de l’instruction. La Cour relève par ailleurs que le parquet n’a formulé aucun grief précis contre les ordonnances du juge d’instruction, se limitant essentiellement à solliciter un sursis à statuer. Dans ces conditions, les magistrats ont estimé qu’il n’existait aucun motif juridique suffisant pour remettre en cause la décision de placement sous contrôle judiciaire. Une affaire liée à des flux financiers de plus de 125 milliards FCFA Toujours selon L’Observateur, l’origine de cette procédure remonte à un rapport transmis le 20 décembre 2024 par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) au parquet du Pool judiciaire financier. Ce document signalait des opérations financières suspectes impliquant Mouhamadou Ngom pour un montant total estimé à 125 968 054 500 FCFA. Les enquêteurs soupçonnent que ces fonds proviendraient en grande partie de paiements effectués par le Trésor public au profit de l’homme d’affaires Seydou Sarr, dit Tahirou, dans le cadre de marchés publics. Selon les investigations, certaines sociétés appartenant à ce dernier auraient ensuite effectué plusieurs virements vers des entreprises liées à Farba Ngom, attirant l’attention des autorités financières. Une procédure encore loin de son épilogue Si la Chambre d’accusation a confirmé la levée du mandat de dépôt, l’enquête sur le fond du dossier se poursuit. Les magistrats instructeurs devront déterminer l’origine exacte des flux financiers et établir si ces transactions relèvent effectivement d’un système de blanchiment de www.dakaractu.com