Riemenstalden serait-elle la commune la plus aigrie de Suisse? En 2025, elle a refusé les trois initiatives populaires fédérales par 100% de voix contre. A la veille des votations du 8 mars, visite dans un lieu reculé qui tient à son indépendance, sa liberté et… sa route Non, non et non. Une colère de bambin? Plutôt le résumé de l’année politique 2025 de Riemenstalden, dans le canton de Schwytz. Les trois initiatives populaires soumises au peuple et aux cantons l’année dernière – l’initiative «Service citoyen», l’initiative «Pour l’avenir» et l’initiative pour la responsabilité environnementale – ont reçu une nette fin de non-recevoir de la part des habitants de cette petite commune. La particularité de ces résultats? Les scores soviétiques décomptés dans les urnes: pas un seul citoyen n’a voté oui à ces trois textes. Concours de circonstances ou défiance assumée à l’encontre de toute forme de changement? Le Temps s’est rendu sur les terres des plus farouches Neinsager de Suisse pour connaître la réponse. Premier constat: la vallée de Riemenstalden se laisse difficilement approcher. Deux trains et un bus plus tard, le rouge vif des cartes de votations se transforme en plaines verdoyantes qui se jettent à pic dans le lac des Quatre-Cantons. Le village est uniquement accessible via Sisikon, dans le canton d’Uri. Depuis cette bourgade serpente une route étroite et raide, à flanc de coteau. A mesure que s’enchaînent les virages en épingle, la vue se dégage sur les sommets environnants. «Y a-t-il un taxi pour redescendre?» s’inquiète au chauffeur une randonneuse, seule autre passagère. Vingt minutes plus tard, terminus à l’arrêt Chäppeliberg. Le lieu-dit est une impasse, faisant de Riemenstalden une sorte d’enclave. Pour atteindre le reste du canton de Schwytz, il faut soit redescendre sur Sisikon, soit être muni de bonnes chaussures ou de ski de randonnée pour rejoindre Muotathal. Voir plus