Ambassadeur suisse à Téhéran: «Nous avons détruit les documents et le matériel au marteau et à la perceuse»

Le représentant de la Suisse en Iran, Olivier Bangerter, a été rapatrié la semaine dernière. Il raconte une capitale sous les bombes et la continuité d’un régime qui, pour l’heure, n’est pas disposé à négocier. La Suisse est à disposition pour une reprise du dialogue entre Téhéran et Washington le moment venu Il y a une dizaine de jours, alors que 150 à 200 frappes par jour visent la capitale iranienne et ses environs, décision est prise à Berne de fermer l’ambassade à Téhéran. Olivier Bangerter, l’ambassadeur, et les cinq derniers expatriés restés sous les bombes, ont alors vingt-quatre heures pour appliquer le protocole: faire l’inventaire de ce qui doit être détruit, documents et matériel sensibles. Et le détruire: «On l’a fait à coups de marteau, de tournevis et de perceuse, raconte le diplomate. On a passé deux heures dans la salle informatique, pour trouer des cartes mères.» Il ne donnera pas plus de détail. Sur les 14 employés suisses de l’ambassade, quatre avaient quitté Téhéran mi-janvier, alors que la menace d’une attaque pointait. Puis quatre autres, début mars, après le début des frappes. Les huit derniers collaborateurs ont fui par voie de terre en gagnant Bakou d’où ils ont pu rejoindre la Suisse en avion. Quant aux 18 collaborateurs locaux, on les a encouragés à s’éloigner le plus possible de Téhéran en attendant un retour au calme. Plusieurs salaires d’avance leur ont été versés. «De quoi leur permettre de voir venir», explique Olivier Bangerter. Voir plus