Invité du Quartier Général Elh Oumar Youm a livré une analyse sans détour de la situation politique et économique du Sénégal, pointant du doigt ce qu’il considère comme un malaise au sommet de l’État. L’ancien ministre des Forces armées sous le régime de Macky Sall estime qu’il existe aujourd’hui un bicéphalisme au sommet de l’exécutif entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, certaines déclarations du chef du gouvernement renforcent cette perception. Il cite notamment les propos de Ousmane Sonko évoquant une “cohabitation douce”, une formule qui, pour Oumar Youm, laisse apparaître une dualité du pouvoir inédite et potentiellement dangereuse pour la stabilité institutionnelle du pays. « Nous sommes face à une situation préoccupante. Un tel précédent peut fragiliser l’architecture institutionnelle », a-t-il averti. Pour l’ancien ministre, cette situation n’est pas sans conséquences sur le climat économique. Il évoque une forme de frénésie et de prudence excessive chez les opérateurs économiques, qui, selon lui, observent avec inquiétude les signaux politiques envoyés par le sommet de l’État. Mais Oumar Youm ne s’est pas arrêté là. Interpellé sur la nouvelle loi relative à l’homosexualité, il a exprimé de sérieuses réserves sur sa portée juridique. À ses yeux, l’ancienne législation était plus large et plus efficace, car elle faisait référence à la notion d’« acte contre nature ». La nouvelle formulation, centrée sur l’acte sexuel, soulèverait selon lui un problème de preuve et de qualification juridique. « Comment prouver l’acte sexuel ? », s’est-il interrogé, estimant que cette évolution pourrait compliquer l’application de la loi devant les juridictions. Pour Oumar Youm, cette nouvelle loi apparaît ainsi plus fermée et juridiquement plus difficile à mettre en œuvre, ce qui pose, selon lui, la question de son efficacité réelle. Dans un contexte politique déjà marqué par de fortes attentes et des débats sur la gouvernance, les déclarations de l’ancien ministre viennent relancer le débat sur l’équilibre du pouvoir exécutif et la lisibilité des choix politiques et juridiques au Sénégal. www.dakaractu.com