Invité du Quartier Général Elh Oumar Youm a abordé plusieurs sujets brûlants de l’actualité politique nationale, de la réforme de la justice à la dissolution éventuelle de l’Assemblée nationale, en passant par la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Sur la question de la justice, l’ancien ministre plaide pour une déconnexion claire entre la justice et l’instrument politique. Selon lui, des réformes s’imposent afin de renforcer l’indépendance de l’institution judiciaire. Toutefois, il rappelle que, dans l’architecture actuelle du système judiciaire sénégalais, le ministre de la Justice dispose d’une autorité sur le parquet, notamment sur les aspects administratifs et techniques. « Je suis d’accord que le ministre de la Justice commande le parquet sur les affaires administratives et sur les aspects techniques. Mais il faut aller vers des réformes pour garantir davantage d’indépendance », a-t-il expliqué. Interpellé sur le débat autour d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, Oumar Youm a insisté sur la centralité du pouvoir présidentiel dans les institutions sénégalaises. Pour lui, la véritable force dans notre système institutionnel reste le président de la République, en vertu des pouvoirs que lui confère la Constitution. « Un président de la République, on ne l’affronte pas pour lui montrer qu’on a la force populaire », a-t-il déclaré, estimant que la confrontation politique avec le chef de l’État sur ce terrain peut être risquée. Selon lui, la Constitution donne au président un pouvoir de décision très large, même si, reconnaît-il, ce dernier peut parfois être guidé par des considérations politiques ou des sentiments. Mais c’est surtout sur la scène internationale que l’ancien ministre a lancé un appel fort. Évoquant la perspective de voir Macky Sall briguer le poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Oumar Youm estime que le Sénégal doit se mobiliser derrière l’ancien chef de l’État. « Macky Sall a tous les atouts pour être élu secrétaire général de l’ONU », affirme-t-il. Connaissant l’ancien président, ajoute-t-il, « quand Macky Sall démarre quelque chose, c’est qu’il sait déjà où il va. » Pour Oumar Youm, le Sénégal a donc l’obligation morale et politique de soutenir la candidature de son ancien président sur la scène internationale. « Faire le contraire serait un échec historique pour notre pays », a-t-il averti, appelant le président Bassirou Diomaye Faye à soutenir cette éventuelle candidature. Selon lui, un chef d’État doit savoir se placer au-dessus des mêlées politiques lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts et le prestige du Sénégal sur la scène internationale. Une prise de position qui ne manquera pas d’alimenter le débat politique dans un contexte où les rivalités internes continuent de marquer la vie publique sénégalaise. www.dakaractu.com