Médias, statistiques de genre et accès à la justice : l’APIG plaide pour une meilleure utilisation des données

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2026, célébrée cette année sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », l’Association des Professionnels de l’Information pour le Genre (APIG), avec l’appui d'ONU Femmes et du programme Women Count, a organisé un panel consacré au rôle des médias dans l’exploitation des statistiques de genre pour améliorer la redevabilité et l’accès des femmes à la justice. Cette rencontre a réuni des journalistes, des producteurs de données et des acteurs du secteur judiciaire autour du thème : « Médias, statistiques de genre et redevabilité pour l’accès à la justice ». L’objectif était de permettre aux professionnels de l’information de mieux comprendre et utiliser les données statistiques liées au genre, notamment dans le traitement des violences basées sur le genre (VBG). Selon Mme Adama Diouf, présidente de l’APIG, cette initiative vise à renforcer les capacités des journalistes dans l’analyse et l’interprétation des données statistiques. « Nous avons jugé nécessaire d’organiser cette rencontre avec les journalistes des différents organes de presse pour mieux comprendre les données statistiques de genre, c’est-à-dire les données désagrégées entre hommes et femmes », a-t-elle expliqué. Elle souligne que ces statistiques sont aujourd’hui produites par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), mais restent encore insuffisamment exploitées par les médias. Pourtant, elles permettent d’identifier les dynamiques des violences basées sur le genre, notamment le nombre de cas d’abus ou de violences recensés dans les différentes régions et communes. Pour les organisateurs, l’enjeu est de permettre aux journalistes de contextualiser ces données afin d’éviter les interprétations hâtives ou les analyses superficielles. « Des données brutes qui ne sont ni comprises ni analysées peuvent parfois créer d’autres problèmes, au lieu d’aider à déconstruire les stéréotypes », a indiqué Mme Adama Diouf. Ainsi, le panel a servi de cadre d’échanges interactifs entre les producteurs de données, les journalistes et les acteurs de la justice, afin de mieux comprendre les mécanismes de collecte et d’interprétation des statistiques liées au genre. Une démarche jugée essentielle pour améliorer la couverture médiatique des questions liées aux droits des femmes et à leur accès à la justice. Toutefois, Mme Adama Diouf met en garde contre certains pièges dans le traitement médiatique de ces données. Elle appelle notamment les journalistes à éviter le sensationnalisme et à prendre les précautions nécessaires pour protéger les victimes. « Donner des chiffres simplement pour créer un choc peut exposer les victimes. Il est important de comprendre ce qui se cache derrière ces données avant de les publier », a-t-elle insisté. À travers cette initiative, l’APIG entend ainsi promouvoir un journalisme plus rigoureux et plus responsable, capable d’utiliser les statistiques de genre comme un véritable outil d’information, de sensibilisation et d’orientation des politiques publiques en faveur des droits des femmes. www.dakaractu.com