Pacte de Stabilité Sociale : Ousmane Sonko fixe 13 mesures correctives pour relancer la mise en œuvre

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce mardi 17 mars 2026, à la Primature, la réunion d’évaluation du Comité de pilotage (COPIL) du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID). À l’issue des travaux conduits en présence des syndicats et du patronat, il a rendu publique une liste de 13 mesures correctives et orientations stratégiques, constituant une véritable feuille de route pour accélérer la mise en œuvre des engagements souscrits depuis la signature du Pacte, le 1er mai 2025. En tête de liste figure l’impératif de mobilisation des ressources nécessaires à l’exécution du plan d’action du Pacte, un préalable sans lequel les engagements pris risquent de rester lettres mortes. Le Premier ministre a d’ailleurs demandé qu’il soit procédé sans délai à l’adoption des projets de nouveaux Code du Travail et Code de la Sécurité sociale, deux textes fondateurs dont le processus législatif tarde à aboutir malgré l’examen mené par la Cour suprême en décembre dernier. Sur le plan institutionnel, le chef du gouvernement a instruit le renforcement des capacités des partenaires sociaux et des managers publics en matière de dialogue social, et appelé à une redynamisation de la négociation collective. Cela passe, selon lui, par la réactualisation des instruments conventionnels obsolètes et la conclusion de nouvelles conventions collectives dans les secteurs qui en sont encore dépourvus un chantier révélateur de la fragilité structurelle du droit conventionnel au Sénégal. Considérant que le suivi constitue le talon d’Achille des pactes sociaux, Ousmane Sonko a prescrit la transmission trimestrielle au Ministère du Travail des rapports sectoriels sur la mise en œuvre des engagements par les ministères concernés. Il a par ailleurs ordonné l’installation effective des comités de dialogue social au niveau des ministères, des structures publiques et parapubliques, ainsi que dans les branches professionnelles des instances dont la mise en place accusait du retard et demandé l’animation régulière des comités techniques sectoriels de suivi, afin de donner corps au pilotage opérationnel du Pacte au-delà de la seule instance centrale du COPIL. Parmi les mesures à fort impact budgétaire, le Premier ministre a exigé que chaque ministère prenne les dispositions nécessaires pour permettre la finalisation de l’audit biométrique de la Fonction publique, un chantier indispensable à la maîtrise des effectifs et de la masse salariale et que le Ministère des Finances et du Budget mobilise les moyens budgétaires afférents. Il a également demandé l’accélération de la réforme du système de retraite par la finalisation des travaux issus des concertations tripartites déjà menées à cet effet, et appelé à parachever l’ensemble des réformes entreprises dans le cadre du Pacte. Deux mesures ont par ailleurs retenu l’attention par leur portée sectorielle. Il s’agit de l’engagement de l’audit et de la conservation du patrimoine des universités, question sensible dans un contexte de tensions récurrentes dans l’enseignement supérieur et de la stabilisation du calendrier universitaire dans les meilleurs délais, en écho aux perturbations chroniques qui affectent les établissements publics. Enfin, dans un souci de transparence, Sonko a demandé que les documents présentés au cours de la réunion, portant sur les réalisations sectorielles, soient transmis aux partenaires sociaux, syndicats comme patronat. La présidence personnelle de cette réunion par Ousmane Sonko revêt une signification politique que les observateurs du dialogue social sénégalais n’ont pas manqué de relever. En s’impliquant directement dans le suivi du PNSS-CID, le chef du gouvernement envoie un signal fort quant à l’importance qu’il entend accorder à la paix sociale comme condition de la transformation économique portée par le régime du Président Bassirou Diomaye Faye. La feuille de route arrêtée ce mardi constitue désormais le référentiel opérationnel que les ministères et les partenaires sociaux devront honorer dans les semaines et mois à venir. www.dakaractu.com