Énergie: Lausanne face au spectre d’une crise durable

Alors que les tarifs 2026 laissaient entrevoir une accalmie, l’embrasement au Moyen-Orient ravive les tensions sur les marchés. Entre stratégie d’achats échelonnés et bouclier hydraulique local, Xavier Company, municipal en charge des Services industriels, détaille sa feuille de route pour protéger les Lausannois de la volatilité mondiale Le répit aura été de courte durée. Après le choc systémique de l’invasion de l’Ukraine en 2022, les distributeurs d’énergie suisses espéraient un «retour à la normale». À Lausanne, les signaux étaient au vert: une baisse de l’électricité de 7,7% était annoncée pour 2026. Mais l’instabilité actuelle au Proche-Orient vient gripper cette mécanique de décrue. Le gaz et l’électricité ont déjà bondi de 50% sur les marchés de gros en quelques jours. Pour l’écologiste lausannois Xavier Company, l’heure n’est pas encore à la panique, mais à la vigilance armée. «Si le conflit est temporaire, nous évitons la pointe en décalant certains achats. Mais si la crise s’installe, nous devrons acheter pour les années à venir à des prix plus élevés», concède le municipal. La stratégie lausannoise repose sur un dogme: le lissage. En achetant l’énergie sur quatre ans, les Services industriels (SiL) agissent comme un amortisseur. Un modèle qui protège des pics brutaux, mais qui condamne aussi les consommateurs à une certaine inertie lors des baisses de marché. Voir plus