Le directeur général de l’Hôpital du Valais quittera ses fonctions en fin d’année. Le parcours de ce psychiatre a été façonné par un brassage des cultures et la vocation précoce d’une médecine intégrative Sur les hauts de Monthey, là où la pente devient si raide que même les randonneurs renoncent, Eric Bonvin a trouvé un refuge. Le directeur de l’Hôpital du Valais habite depuis 1996 en lisière d’une forêt dense et silencieuse qui surplombe la plaine du Rhône. Dans un paysage à l’image de son parcours: abrupt, authentique, peu fréquenté par les foules. Pourtant, dans sa dernière année de mandat avant la retraite, ce n’est pas le calme des cimes qui l’occupe, mais un étrange retour de la temporalité. Le récent drame de Crans-Montana, au-delà de l’immense émotion collective, lui a «fait tourner plusieurs pages et fermer des boucles», explique-t-il lors de notre rencontre sur le site de l’Hôpital psychiatrique de Malévoz, qu’il a dirigé entre 2006 et 2012. Dans cette station endeuillée, où il a grandi, il fréquentait le salon de thé Le Constellation, bien avant qu’il ne devienne un bar branché. Plus tard, médecin psychiatre référent au Centre des grands brûlés du CHUV, il a consacré sa thèse à leur soutien psychologique. Trente ans plus tard, le sujet le rattrape: «J’ai été une sorte de bouclier entre les soignants qui œuvrent au front, les politiques et les médias. Cela a été très intense. Je n’en perds pas le sommeil mais je sens que je somatise pas mal», reconnaît celui qui a dû, face aux caméras, maintes fois contenir ses larmes. Voir plus