Remontées mécaniques vaudoises: «J’aime mon travail, je n’ai jamais la boule au ventre. A part au moment de payer mes factures»

Au pied des arbalètes et sur les pistes de ski vaudoises, beaucoup d’employés sont des passionnés. Mais les conditions de travail sont rudes, décrivent-ils. Un syndicat se bat pour obtenir des améliorations déjà implémentées en Valais On les croise sans forcément les remarquer sur les pentes «ratraquées» des montagnes enneigées, avec leur thermos de thé et leur musique de fond généralement entraînante. Ce sont eux qui, entre autres, arrêtent le télésiège quand un enfant s’y emmêle les bâtons, ou s’assurent que personne ne reste en rade sur la piste en fin de journée. Des employés des remontées mécaniques des Alpes vaudoises ont accepté de témoigner au Temps , anonymement par crainte de répercussions, de leurs rudes conditions de travail, qui frisent parfois la précarité, disent-ils. Malgré quelques améliorations récentes, cette situation met à mal l’envie de certains à s’engager pour une industrie économiquement importante pour la région, alors que beaucoup y vivent à l’année – certains d’entre eux sont même des enfants du coin. «J’adore mon travail, les collègues, les clients, la neige et la montagne, assure un membre de ce personnel, avec une jovialité débordante. Mais c’est frustrant de ne pas pouvoir vivre dignement comme des habitants normaux.» La problématique ne date pas d’hier, et elle n’est pas propre aux remontées mécaniques vaudoises. Mais c’est là que se joue cet hiver une négociation, qui a déjà eu lieu en Valais il y a quelques années, autour des conditions contractuelles de travail. Au cœur du problème: le salaire à l’heure, inférieur de 20% à celui du canton voisin, mais aussi les fermetures inévitables pour cause de conditions météo défavorables, et l’éternelle inconnue autour des dates de début et de fin de saison. Les contrats sont clairs: aucun minimum n’est garanti, et les heures planifiées mais non travaillées ne sont pas rémunérées. On peut donc être engagé pour début décembre, avec un loyer à payer, et ne commencer à être payé que deux semaines plus tard. Voir plus