Genève interdit le port du burkini dans les piscines sans le nommer

Le Grand Conseil accepte une loi qui définit la forme de la tenue autorisée dans les piscines. Et qui bannit de fait le burkini. La conseillère d’Etat Carole-Anne Kast fulmine Genève légifère sur les piscines et bains publics pour interdire le port du burkini. Adoptée jeudi soir par la majorité de droite du Grand Conseil par 53 oui, 38 non et 6 abstentions, la nouvelle loi ne nomme toutefois pas directement cette tenue. Cette loi prévoit que «les seules tenues autorisées dans les bassins sont les maillots de bain une ou deux pièces dont la longueur maximale arrive au-dessus des genoux et laissant les bras nus.» Elle exclut de facto les burkinis, comme le voulait un projet de loi UDC visant à pénaliser cette tenue, mais l’absence d’une telle disposition au niveau fédéral aurait été facilement annulée par la justice. «La justice tranchera», estime la ministre A la faveur d’un amendement du Centre, le texte initial a été transformé en un nouveau projet de loi sur les piscines et bains publics. En vain, la conseillère d’Etat Carole-Anne Kast, en charge du Département des institutions et du numérique, a mis en garde les députés contre une loi qui viole la liberté individuelle et l’autonomie communale. «La justice tranchera», a-t-elle déclaré. La magistrate avait refusé le troisième débat sur ce projet lors de la session parlementaire précédente afin de reporter le vote final. Mais les positions des uns et des autres n’ont pas changé dans l’intervalle. A ce propos: A Genève, l’interdiction du burkini vire au bras de fer entre la droite parlementaire et Carole-Anne Kast Les arguments de la gauche A gauche, on a critiqué une forme d’instrumentalisation xénophobe du corps des femmes. Certaines musulmanes seront exclues de l’espace public, a dénoncé en substance la Verte Dilara Bayak, relevant que les 6% de musulmans en Suisse «sont systématiquement mis sur le devant de la scène.» «Ce n’est pas un acte féministe que de légiférer sur le corps des femmes», a ajouté la socialiste Caroline Renold. «Une égalité de traitement», selon les partisans Au-delà de «la question d’hygiène et de sécurité» avancée par l’UDC Yves Nidegger, la droite veut envoyer un message: «Il n’y a pas de place pour la contrainte sur les femmes dans l’espace public», a défendu la centriste Alia Chaker Mangeat. Selon elle, ce projet de loi met fin aux différents règlements communaux de «manière simple avec une loi qui garantit l’égalité de traitement», les communes restant libres d’adopter des dispositions complémentaires. «Le Conseil d'Etat défend la liberté des femmes de choisir comment aller se baigner pour autant que la tenue soit appropriée», a plaidé Carole-Anne Kast. Et la magistrate de défendre l’amendement de l’exécutif visant à permettre les vêtements anti-rayonnements ultraviolets adaptés à la natation, au vu des risques de cancers de la peau. Cet ajout a la loi a été refusé.