Pietro Sarto, un peintre en clair-obscur saisi par l'écrivain Blaise Hofmann, invité au Salon du livre de Genève

Longtemps encensé en terres vaudoises, le Tessinois Pietro Sarto a vu son étoile pâlir au fil du temps. Blaise Hofmann a multiplié les entretiens pour cerner cet artiste habile et hâbleur. Il en a tiré un récit tout en contrastes C’est devenu sa marque de fabrique: Blaise Hofmann compose ses livres à partir d’entretiens. Après les paysans et les artisanes, il rencontre des artistes: Claudia Comte dans Now I Won (Art & fiction 2025), et aujourd’hui Pietro Sarto dans Le Peintre célèbre du village voisin (Zoé). Ce nom sans doute ne dira rien à qui n’a pas vu, à satiété, ses peintures d’un Léman curviligne accrochées chez des particuliers et dans des écoles, banques et hôpitaux, à partir des années 1970. Il faut être Vaudois et âgé de plus de 60 ans pour connaître Pietro Sarto. Né au Tessin en 1930, ce peintre et graveur a vécu ses heures de gloire essentiellement en terres vaudoises, au cours des trois dernières décennies du XXe siècle. De nos jours, «sa cote s’est effondrée», affirme l’un des spécialistes de l’œuvre, Florian Rodari. Blaise Hofmann a vu du Sarto dès son enfance, dans la maison familiale voisine de Saint-Prex, où l’artiste avait fondé en 1971 un atelier de gravure promis à un bel avenir. Il envisage des entretiens avec l’artiste, mais l’âge fait obstacle: les rencontres n’auront pas lieu. Qu’à cela ne tienne, Blaise Hofmann s’informe dans les livres et catalogues consacrés à Sarto, dans la presse de l’époque, et s’entretient avec celles et ceux qui l’ont connu ou fréquenté. Le portrait qu’il en tire ressemble à du Sarto: tout en courbes et contre-courbes, il évoque un artiste talentueux, prolifique et habile aussi bien qu’un homme altier, autoritaire et vaniteux. Un peintre devenu célèbre mais demeuré local, comme le suggère l’excellent titre du livre. Voir plus