La biographie hospitalière, «un métier qui donne du sens quand tout fout le camp»

Alors que la fin de vie se médicalise, les biographes hospitaliers sont des soignants un peu à part, qui recueillent la parole des patients atteints de maladies incurables. Ils en tirent des livres taillés sur mesure, remis aux patients ou aux proches désignés Le pari était ambitieux: trouver un métier à l’intersection de l’écriture, de l’écoute, des histoires et des gens. L’idée de la biographie hospitalière a germé dans la tête de Valéria Milewski, une Française alors dans la trentaine, qui souhaite se reconvertir. Elle dort sur cette pensée et au réveil, les grandes lignes s’imposent. C’était il y a près de 20 ans. Depuis, elle exerce à Chartres et son association Passeurs de mots et d’histoires a accompagné de nombreux professionnels aux quatre coins de l’Hexagone. Depuis peu, ces biographes peuvent parfaire leur formation avec un DU (diplôme universitaire, équivalent d’un CAS en Suisse) à Lille, Strasbourg ou encore Toulouse. Les années ont passé et le métier vient de traverser la frontière: Géraldine Saliez Pierret, infirmière aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) depuis plus de vingt ans, s’est formée à Lille en 2025 et a introduit la démarche à Bellerive, dans le service de médecine palliative dirigé par la professeure Sophie Pautex. En France, Valéria Milewski dénombre «une quarantaine de biographes en poste tout au plus…», faute de financements. Voir plus