Entre un CHUV en pleine mutation, un malaise général au sein de la Direction de la santé et des relations tendues avec les cliniques privées, le futur ministre chargé du DSAS hérite d’un paquebot à réinventer. Les observateurs relèvent l’opportunité de bâtir un modèle de soins plus agile, capable de transformer la contrainte financière en levier d’innovation Le départ de Rebecca Ruiz de la tête du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) ouvre une ère de pragmatisme obligé. Son successeur, qui devrait s’appeler Jean-François Thuillard (UDC) ou Roger Nordmann (PS), n’héritera pas seulement d’un fauteuil, mais aussi d’un laboratoire de réformes à ciel ouvert. Entre la rigueur du plan d’économies «Impulsion» au CHUV, la pression budgétaire liée au mécanisme vaudois de frein à l’endettement et la pénurie de soignants, l’opportunité est historique: réinventer le modèle vaudois de la santé en brisant les silos. Le futur magistrat devra, dans un premier temps, ramener du calme au sein de la Direction générale de la santé (DGS) vers laquelle tous les regards sont tournés, en sécurisant les employés fragilisés par l’important turn-over de ces dernières années. Il pourra ensuite transformer la contrainte financière en moteur d’innovation, en misant par exemple sur les synergies avec le privé, comme le demande la droite, ou la coordination régionale. Dans ce ministère où les millions se muent en décisions humaines, l’enjeu sera de bâtir un système durable pour protéger ceux qui soignent. Sa première année, jusqu’aux élections cantonales de 2027, consistera avant tout à définir les premières lignes directrices qu’il souhaite imposer. Voir plus