Le Temps
ÉDITORIAL. Le socialiste de 53 ans est élu au gouvernement vaudois avec 50,95% des votes, contre 47,52% pour l’UDC Jean-François Thuillard. Le futur ministre devra ramener de la stabilité Comme un grand «ouf». Aussi fort que la bise glaçante de ce dimanche, la gauche a soufflé. Avant de jubiler. Le socialiste Roger Nordmann remplacera la socialiste Rebecca Ruiz au gouvernement vaudois. Fini les sueurs du premier tour, où le candidat UDC Jean-François Thuillard triomphait. Oublié le vote de conviction de l’extrême gauche qui marquait son mécontentement. La stratégie de blocus contre l’UDC a fonctionné. Rapaz, Voiblet, Nicolet, Dessauges, Buffat. A cette litanie, Jean-François Thuillard ajoute désormais son nom. La bonhomie du syndic de Froideville, image agrarienne d’une UDC moins clivante, n’aura pas suffi à mettre fin à la longue liste de candidats malheureux de son parti. Mais avec 47,52% des voix contre 50,95% pour Roger Nordmann, le prétendant de l’alliance de droite sort la tête haute. Avec «Tutu», l’UDC sait qu’elle a trouvé un profil rassembleur. Ce dernier peut désormais continuer à fixer du regard le château Saint-Maire en vue des élections cantonales de 2027. Lire aussi: Au bout du suspense, le socialiste Roger Nordmann est élu au Conseil d’Etat vaudois Roger Nordmann exulte, donc. Mais le triomphe du jour ne fera pas oublier le poids qui pèse désormais sur ses épaules. Roger Nordmann s’est fait un nom sous la Coupole. A Berne, le Vaudois bilingue avait l’étiquette du pro, un homme «vif et intelligent», un homme de solutions, pragmatique et passionné. Après vingt ans au Conseil national, le socialiste fonceur se retrouve désormais à devoir naviguer dans des eaux inconnues. Exécutif dans la tourmente Etranger des arcanes d’un exécutif, il va devoir plonger dans un collège secoué par les tempêtes politiques. Affaire Dittli, scandale du bouclier fiscal, finances en berne, le Conseil d’Etat vaudois est dans une tourmente profonde. Roger Nordmann, comme l’aurait été d’ailleurs Jean-François Thuillard, est donc attendu, très attendu. A lui d’insuffler un air de sérénité et de stabilité au sein d’un gouvernement qui peine à retrouver son cap. Et l’enjeu dépasse largement le huis clos du Château. En ligne de mire de Roger Nordmann: le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), véritable institution au cœur du canton, avec un budget représentant 40% des charges de l’Etat et la gestion directe d’un CHUV comptant 13 000 employés. Le nouveau conseiller d’Etat dit s’y être préparé, même si la future répartition des départements pourrait réserver quelques surprises. Dans cet énorme département, où les embûches ressemblent à des tranchées, le poids lourd de la politique bernoise devra remettre de l’ordre à la Direction de la santé, enterrer la hache de guerre avec les cliniques privées, et rassurer les pôles santé. La tâche s’avère colossale. Lire aussi: Après Rebecca Ruiz, le défi vertigineux d’un Département de la santé vaudois au bord de l’embolie
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