Fraternité Matin
La Banque mondiale, toujours aux côtés du gouvernement ivoirien et de ses partenaires, a marqué sa présence à la cérémonie de remise du site des travaux de construction du cordon sableux de Grand-Lahou, le lundi 8 juin 2026, à Braffedon. Un projet majeur qui marque une étape décisive dans la lutte contre l’érosion côtière et la protection des communautés locales.Un projet né d’une urgence climatique et humainePendant son discours, Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice des opérations de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, a rappelé la gravité de la situation qui prévalait à Grand-Lahou. Pendant des années, a-t-elle souligné, le littoral reculait de 1 à 2 mètres par an, tandis que l’embouchure du fleuve Bandama se déplaçait vers l’ouest d’environ 200 mètres chaque année, mettant en péril le village historique de Lahou-Kpanda.« Ce n’était pas qu’une simple donnée statistique : c’était un drame qui se jouait chaque jour », a-t-elle souligné. Conséquences selon elle, des habitations détruites, des écoles emportées et des lieux de mémoire disparus sous les vagues, menaçant même l’identité culturelle de la région.Un chantier d’envergure achevé en deux ansDeux ans après le lancement des travaux, la responsable de la Banque mondiale a exprimé sa satisfaction face à leur aboutissement. Le projet, financé à hauteur de 74 millions d’euros, a mobilisé plusieurs partenaires internationaux, notamment l’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique.Elle a salué la qualité des infrastructures réalisées, ainsi que les innovations techniques mises en œuvre, désormais citées en exemple dans le cadre du programme régional Waca (West Africa Coastal Areas). « Les résultats obtenus à Grand-Lahou inspirent aujourd’hui près de neuf pays », a-t-elle affirmé.Un impact direct sur les populationsAu-delà des infrastructures, la Banque mondiale insiste sur l’impact humain du projet. Selon Marie-Chantal Uwanyiligira, près de 68 000 personnes bénéficient désormais, directement ou indirectement, de cette initiative.La peur constante de l’océan s’estompe progressivement, laissant place à une nouvelle confiance. Elle a évoqué des témoignages concrets, notamment celui de Madame Jeanne, commerçante à Zindika, dont les revenus et les conditions de vie se sont améliorés grâce au projet.Une illustration, selon elle, du véritable succès de l’initiative. « Le vrai impact se mesure à la transformation concrète de la vie des populations », a-t-elle insisté.Une réussite collective et politiqueLa directrice des opérations a salué le leadership du gouvernement ivoirien, en particulier celui du Premier ministre, ainsi que l’engagement du ministère de l’Environnement. Malgré les défis rencontrés, elle estime que ce projet prouve que « les projets complexes sont souvent les plus importants ». Elle a également mis en avant la contribution des partenaires techniques et financiers, notamment l’Espagne qui a apporté 30 millions d’euros, un niveau d’engagement comparable à celui de la Banque mondiale.Cap sur la durabilité et une nouvelle phase ambitieuseSi cette réalisation est une étape clé, Marie-Chantal Uwanyiligira a insisté sur la nécessité d’assurer la durabilité des infrastructures. Elle a ainsi salué la création prochaine d’une agence dédiée à la protection du littoral. Dans la même dynamique, la Banque mondiale annonce une deuxième phase du programme Waca en Côte d’Ivoire, avec un financement de 180 millions de dollars. « Lorsqu’un éléphant avance, il avance à grands pas », a-t-elle illustré, soulignant l’ampleur de ce nouvel engagement, six fois supérieur au précédent.Un espoir renouvelé pour les communautés côtièresour les populations de Grand-Lahou, ce projet marque une reconquête : celle de leur territoire, mais aussi de leur avenir. « L’océan, jadis perçu comme un ennemi, redevient un allié », a-t-elle déclaré, évoquant une relation renouvelée entre les habitants et leur environnement.
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