Fraternité Matin
La salle de conférences de la Direction générale de l’environnement, à Cocody-Riviera (Abidjan), accueille depuis ce mardi 31 mars 2026, une réunion de concertation des parties prenantes du secteur de la distribution des produits chimiques.Cette rencontre, qui se tient sur trois jours, du mardi 31 mars au jeudi 2 avril 2026, s’inscrit dans le cadre du projet intitulé « Accroître la mise en œuvre mondiale du Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques (Sgh) par le biais d’un projet pilote axé sur l’Afrique ».À l’ouverture des travaux, la directrice générale de l’environnement, le Dr N’Tain Jeanne, a salué la mobilisation des acteurs publics et privés autour d’une problématique « d’actualité », aux enjeux environnementaux, sanitaires et industriels majeurs.Représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, elle a insisté sur la nécessité d’une action concertée face aux risques liés aux produits chimiques.Un projet structurant pour l’économie et l’environnementLe Système général harmonisé (Sgh) vise à uniformiser, à l’échelle internationale, la classification et l’étiquetage des produits chimiques afin de mieux informer les utilisateurs sur leurs dangers. Il permet notamment d’identifier clairement les risques pour la santé humaine, l’environnement et la sécurité.Le Dr Seyhi Brahima, directeur des déchets industriels et des substances chimiques, a rappelé que la Côte d’Ivoire est engagée dans ce processus depuis 2004. « L’objectif est de permettre aux acteurs économiques de se conformer aux normes internationales, mais aussi de protéger les travailleurs, les populations et l’environnement », a-t-il expliqué.Dans un contexte où le secteur chimique représente une part importante de l’économie nationale, cette mise à niveau apparaît également comme un levier stratégique pour améliorer la compétitivité des entreprises ivoiriennes sur les marchés internationaux.Une formation pour renforcer les capacitésCet atelier marque une évolution par rapport aux précédentes initiatives, en mettant l’accent sur la formation. Plusieurs modules sont proposés, notamment sur les principes du Sgh, la classification des produits chimiques selon leurs propriétés intrinsèques, ainsi que les règles d’étiquetage.Les participants sont également formés aux bonnes pratiques de manipulation des substances chimiques. Par ailleurs, une analyse du cadre réglementaire national est menée afin d’identifier les insuffisances et d’envisager une mise en conformité avec les normes internationales.Ces formations sont assurées par des experts certifiés par l’Unitar, l’Institut des Nations unies spécialisé dans le renforcement des capacités.Le secteur des pesticides en première ligneJustin Yoboué, directeur exécutif de CropLife Côte d’Ivoire, a souligné l’implication de son organisation, qui représente une dizaine d’importateurs de pesticides. « Nous avons présenté l’état des lieux de la mise en œuvre du Sgh dans le secteur des pesticides, notamment en ce qui concerne l’étiquetage des produits », a-t-il indiqué.Environ 2 500 pesticides sont actuellement recensés en Côte d’Ivoire, ce qui implique un important travail d’harmonisation afin de garantir une information claire sur les dangers liés à leur utilisation.Des résultats attendus concretsAu terme de ces trois jours de travaux, les parties prenantes devraient être mieux informées sur le projet Sgh et davantage sensibilisées aux exigences de classification et d’étiquetage des produits chimiques.L’atelier vise également à identifier les défis liés à sa mise en œuvre dans le secteur industriel, notamment en matière de réglementation, de capacités techniques et de coûts de conformité.En définitive, cette concertation devrait permettre de dégager des pistes d’action concrètes pour une mise en œuvre efficace du Sgh en Côte d’Ivoire, au service de la sécurité des populations, de la protection de l’environnement et du développement durable.Jacob Kouakou (stagiaire)
Go to News Site