Le Temps
Le Département fédéral des affaires étrangères va réaffirmer la semaine prochaine sa position défavorable à la nouvelle loi israélienne sur le recours à la peine de mort. La Suisse appelle Israël à respecter pleinement ses obligations internationales Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) va mener la semaine prochaine des entretiens avec l’ambassadeur d’Israël en Suisse au sujet de la nouvelle loi élargissant le recours à la peine de mort. Il réaffirme sa position défavorable. Le chef de la Division Paix et droits de l’homme du DFAE, Tim Enderlin, est déjà intervenu auprès de l’ambassadeur d’Israël à Berne, a déclaré dimanche un porte-parole du département. Il exposera également personnellement la position de la Suisse à l’ambassadeur Tibor Schlosser. La position de l'ambassadeur d'Israël: La loi israélienne sur la peine de mort pour les terroristes ne vise pas la vengeance, mais le rétablissement de la dissuasion Une rencontre est prévue la semaine prochaine, a ajouté le DFAE, confirmant une information publiée par le Sonntagsblick . «La Suisse rejette la peine de mort partout et en toutes circonstances, car elle est incompatible avec le droit à la vie et la dignité humaine», souligne le DFAE. La Suisse appelle Israël à respecter pleinement ses obligations internationales, y compris l’interdiction de la discrimination ainsi que les garanties de l’Etat de droit et les garanties procédurales. Discriminatoire Le parlement israélien a approuvé la semaine dernière une loi visant à étendre le recours à la peine de mort. Le texte prévoit que les meurtres à motivation terroriste visant à détruire l’Etat d’Israël sont passibles de la peine de mort ou de la réclusion à perpétuité. Devant les tribunaux militaires israéliens dans les territoires palestiniens, la peine de mort est même obligatoire dans de tels cas; elle doit être exécutée par pendaison par un gardien de prison dans les 90 jours suivant la condamnation. Lire l'opinion: Une réponse à l’ambassadeur d’Israël à propos de la peine de mort Les détracteurs considèrent cette loi comme raciste, car elle ne concerne de facto que les Palestiniens. L’initiative du parti du ministre de l’Intérieur d’extrême droite Itamar Ben-Gvir est également soutenue par le premier ministre Benyamin Netanyahou. Un recours de l’association israélienne des droits civiques est en instance devant la plus haute juridiction du pays. Israël a aboli la peine de mort pour meurtre en 1954 et ne l’a maintenue que dans des cas exceptionnels, par exemple contre les criminels nazis ou en cas de trahison en temps de guerre. La dernière exécution était celle du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann en 1962. Témoignages: Les familles de prisonniers palestiniens face au vote sur la peine de mort: «Nous ne voulons pas que nos enfants reviennent sous forme de cadavres»
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