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80 ans du Pdci-Rda/Tidjane Thiam: "Au Pdci, nous sommes les enfants et les héritiers d’une culture de la paix et du dialogue" (Discours) | Collector
80 ans du Pdci-Rda/Tidjane Thiam:
Fraternité Matin

80 ans du Pdci-Rda/Tidjane Thiam: "Au Pdci, nous sommes les enfants et les héritiers d’une culture de la paix et du dialogue" (Discours)

Les moments que nous vivons en cette journée historique du 9 avril 2026 sont particuliers. Merci à vous tous d’être venus si nombreux célébrer avec nous ce moment historique. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons accueilli la décision du Président de la République de se faire représenter à cette importante cérémonie dans l’histoire de notre pays.C’est un geste qui honore notre parti et nous lui en sommes reconnaissants. C’est un geste qui ne peut que contribuer à améliorer le climat politique dans notre pays.Je prie ses représentants de lui transmettre l’expression de notre profonde reconnaissance, de celle de notre parti et de celle de nos militants.Je vous demande à tous de lui rendre ce matin, un hommage appuyé et mérité.Je salue également la présence parmi nous de dirigeants de partis politiques et en particulier celle remarquée de Mme Simone Ehivet Gbagbo Présidente du MGC et Mme Danielle Bony Claverie, Présidente de l’URD.Je veux voir un heureux présage, un message divin dans la présence à nos côtes ce matin de toutes ces personnalités, alors que chrétiens comme musulmans, nous sortons d’une période sacrée dans nos calendriers respectifs.Je remercie le Tout Puissant de nous avoir envoyé ce signal de paix à la sortie d’une période d’intenses prières pour tous les Ivoiriens.Je sais que rien ne rendrait le Président Houphouët Boigny plus heureux que de voir les Ivoiriens unis. Donc j’espère que de là où il est, il nous regarde ce matin avec ce sourire que nous lui connaissions tous.Aujourd’hui le PDCI-RDA notre parti, la matrice de la Côte d’Ivoire moderne, a 80 ans, l’âge de l’histoire, de l’expérience, mais également celui des joies et des épreuves partagées, celui des leçons à méditer, enfin, celui d’une projection vers l’avenir.Les institutions sont différentes des individus. Au lieu que le passage du temps conduise à une fin inéluctable et fatale, comme c’est le cas pour nous tous simples mortels, le passage du temps renforce les institutions, sépare celles qui ne sont que des étoiles filantes de celles qui sont des astres lumineux et solides, destinés à durer.A 80 ans, le parti, notre Parti peut dire qu’il a fait la preuve définitive qu’il est là pour durer. 80 ans pour un être humain, c’est le quatrième âge, le commencement de la fin. Pour une institution, c’est tout le contraire : c’est l’âge de la maturitéVous verrez avec quelle énergie et quel faste les Etats Unis d’Amérique célèbreront dans trois mois, le 4 juillet, leurs 250 ans. Nous devons faire de même pour nos 80 ans ! Pourquoi ? Parce que la vie des institutions ne s’arrête pas à 80 ans, c’est au contraire le moment où elles peuvent poursuivre et consolider leur œuvre. Plus que jamais, nous avons un pays à développer, une jeunesse à former, des valeurs profondément humaines à promouvoir, dans notre pays, sur notre continent et au-delà, à travers le monde.Mesdames et Messieurs,Militantes et Militants, Sympathisantes et sympathisants de notre grand parti, Chers invités,L’histoire de notre parti est celle de la Côte d’Ivoire faite chair.Le corps incarné de nos braves paysans, symbole des progrès accomplis à la sueur de leur front.C’était d’abord en 1944, le Syndicat Agricole Africain, fondé par notre père à tous, l’immense Félix Houphouët-Boigny et ses compagnons.Des pionniers qui ont toujours été des acteurs debout, face aux injustices du système colonial, et qui nous ont appris à dire NON. Non à l’injustice, non à l’arrogance des forts face aux faibles et aux démunis.Puis en 1946, à travers la création du PDCI et du RDA pour intensifier la lutte politique pour l’émancipation des peuples d’Afrique noire. C’était ensuite en 1960, l’expérience des indépendances. Notre pays a abordé ce tournant décisif de notre histoire avec sagesse, responsabilité et lucidité.Sous la houlette de notre guide de tous les instants, le Président Houphouët-Boigny, nous n’avons jamais cédé aux idéologies bon marché ni à la tentation de la violence.La suite est connue : de 1960 aux années 1980, notre parti, vivier de cadres compétents, faisant bloc autour du président Houphouët-Boigny, a offert à la Côte d’Ivoire, une économie et une société aux performances jamais égalées sur notre continent, une administration professionnelle, impartiale, une fonction publique équitable, un secteur privé dynamique et créateur d’emplois durables, offrant la sécurité aux familles, une politique sociale avancée, à l’origine de notre légendaire stabilité, ainsi qu’un système éducatif dont nous sommes les produits, véritablement méritocratique.Le lycée classique d’Abidjan mon lycée, le lycée technique d’Abidjan, le lycée scientifique de Yamoussoukro, l’université d’Abidjan, les grandes écoles de Yamoussoukro, les écoles d’agronomie, d’électricité, l’école nationale d’administration, l’école de statistique et d’économie appliquée, et tant d’autres, ont joué un rôle crucial dans la formation d’une bonne partie des élites ivoiriennes et africaines.Nous sommes passés d’une dépendance extérieure en matière de ressources humaines, à une autonomie réussie grâce à l’ivoirisation des cadres. C’est notre Parti qui a permis à la Côte d’Ivoire de revenir au multipartisme dans les années 1990.Notre presse devint alors résolument pluraliste.L’on vit des intellectuels engagés, des syndicats et des partis politiques occupant régulièrement la rue pour dénoncer ou sanctionner la gouvernance d’alors. La parole avait été libérée et elle était LIBRE ; et l’activité politique se développait, passionnant de plus en plus les Ivoiriens.A l’orée des années 2000, précisément en 1999, notre parti quittait le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat. Coup d’état qui a ouvert la boîte de Pandore de la violence et parfois de la mort aux coins de nos rues.Au PDCI, nous sommes les enfants et les héritiers d’une culture de la paix et du dialogue. Les armes, les violences brutes et gratuites ne sont ni de notre éducation, ni des principes qui guident notre parti.Le Président Bédié a alors passe deux années en exil hors de ce pays qu’il a tant aimé.Face à ces difficultés, notre parti s’est montré résilient, animé par des hommes et des femmes de conviction, d’engagement et de détermination, dont beaucoup, dieu merci sont encore parmi nous. C’est le lieu de saluer le doyen Emile Constant Bombet et le collège de nos vice-présidents. Ensuite, avec à leur tête notre dynamique Secrétaire Exécutif en Chef, le ministre Calice Yapo, je tiens à remercier tout particulièrement tous les membres des hautes instances et des organes spécialisés du parti.Je m’incline devant la mémoire de Madame Léopoldine Coffie arrachée récemment à notre affection.Je n’oublie pas non plus le général Gaston Ouassenan Koné, à qui je souhaite un sommeil paisible. Mes pensées profondes et mes prières vont également à l’endroit de notre père Cowppli Boni, et à tous nos fidèles combattants vivants et défunts.Notre pays a connu de nombreux pics de violence - en 2000, en 2002, en 2010, ou encore en 2020, entre rebellions et crises électorales.Notre Parti, fidèle à ses idéaux, a défendu la légalité constitutionnelle, ainsi que l’urgence de l’unité et de la cohésion de la famille houphouëtiste.Le président Bédié avait pensé qu’un parti unifié serait un gage de stabilité et de paix durables pour notre pays. D’où la création du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix).Malheureusement, cette vision n’a pas porté les fruits qu’on aurait pu en attendreC’est dans ce contexte qu’en août 2023 le tout puissant décida de rappeler à lui notre mentor, le Président Henri Konan Bédié. Les militants ont alors décidé de me confier la destinée de notre Parti.La culture de notre Parti est profondément démocratique. Chez nous, les débats sont ouverts, les ambitions sont connues : ce sont les militants qui décident toujours en dernier ressort et la direction du Parti exécute. Les élections de décembre 2023 me portèrent ainsi à la tête du Parti.Le message de nos militants était sans ambiguïté et nos indicateurs au vert.Les taux d’adhésion de nouveaux militants à notre Parti crurent de façon exponentielle. En 2024, nous étions déjà à plus 19 000 nouvelles adhésions.Ces chiffres traduisaient une soif de changement, un désir d’alternance chez des Ivoiriens qui veulent une société plus équitable et plus prospère avec une santé et une éducation de meilleures qualités pour que nous ayons un véritable développement humain.Pourquoi donc faire un si long rappel historique en une journée si particulière dans la vie de notre cher Parti ?Pour dire aux plus jeunes, ainsi qu’à tous les militantes et militants gagnés parfois par le découragement et c’est humain, que notre parti a une histoire et un héritage riches.Que le PDCI-RDA a de l’expérience et que c’est nous qui avons fondé ce pays et l’avons fait entrer dans la modernité.Que nous sommes résilients, une qualité essentielle pour un Parti qui a pour ambition de diriger un grand pays comme le nôtre.Notre parti est un parti national, portant la vision du pays global, le rêve d’une cité idéale.Que nos valeurs sont celles de l’unité, de la paix, de la cohésion. Nous travaillons et continuerons de travailler sans relâche à une véritable réconciliation entre toutes les composantes de la Nation.Que nous avons des adversaires mais jamais des ennemis. Jamais je ne considèrerai ni ne traiterai un autre ivoirien, quelles que soient ses convictions comme un ennemi. Quelle que soit notre famille politique, nous devons tous être unis par l’amour de la patrie.Vous avez noté que, après les événements qui ont marqué l’année 2025, j’ai tenu à ce que le PDCI assiste à la présentation des vœux de nouvel an au Président de la République. Cela n’a pas toujours été compris au sein du parti mais c’est une indication que le PDCI a toujours été du côté du respect des institutions et de la réconciliation.Je me réjouis à nouveau que, dans le même esprit, le Président de la République ait répondu positivement à notre invitation et ait veillé à se faire représenter ce matin à un haut niveau à cette cérémonie historique pour notre pays.Avant de clore mon propos, j’aimerais rassurer les uns et les autres. Notre Parti a une vraie vision pour les fils et filles de ce pays.Notre parti est mobilisé et nos militants travaillent d’arrache-pied, reconnaissant que les défis sont nombreux et la tâche immenseSur le plan interne au parti, nos priorités sont claires. Nous devons : Anticiper les futures élections locales comme présidentielles à travers des comités élargis de bilans et de perspectives. Nous devons poursuivre le dialogue interne afin de nous accorder sur l’essentiel. Nous devons engager des actions pour renouveler et renforcer notre implantation, surtout parmi les jeunes. N’oublions jamais que 75% de nos concitoyens ont moins de 35 ans. Notre parti ne doit donc plus être considéré comme un parti éloigné des préoccupations de la jeunesse.Il nous faut continuer à redynamiser les cellules des femmes de notre parti. Nos femmes et nos sœurs sont notre dernier rempart, et mettre en œuvre les propositions pertinentes issues des travaux de réflexion sur la restructuration du parti. Voilà donc la feuille de route de notre Secrétaire Exécutif en Chef.Pour passer aux plans national et international, nous disons à nos frères et sœurs de pays voisins, que le PDCI-RDA est le parti de l’ouverture. Cela est inscrit dans son nom. RDA signifie Rassemblement Démocratique Africain. Nos frères venus d’ailleurs, peuvent se sentir chez eux ici : terre d’espérance, pays de l’hospitalité.Les grandes nations qui sont nos partenaires peuvent être rassurées. Nous avons une claire conscience des mutations sociales et psychologiques des pays africains, anciennement colonisés. Il faudra ensemble, s’ajuster et s’adapter au changement pour le bénéfice de tous.Le changement de paradigme qui permettra à nos sociétés africaines de se développer est inéluctable. La Côte d’Ivoire du 21e siècle, dans une Afrique ouverte, démocratique et prospère, sera l’espoir du monde, ensemble si nous le voulons. J’ai donc l’immense honneur et le plaisir de déclarer ouverte la fête commémorative des 80 ans du PDCI-RDAVive le PDCI-RDA !Vive La Côte d’Ivoire !Tous ensemble pour un avenir meilleurs !

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