Fraternité Matin
La crise observée à la fin de la campagne principale 2025-2026 de cacao a perturbé, à plusieurs niveaux, les revenus des acteurs de la chaîne de valeur et a semé la confusion dans la filière.Plusieurs opérateurs tentent de tirer profit de cette situation pour ne pas respecter le prix garanti de 2 800 F CFA/kg aux producteurs, en vigueur durant la campagne principale (du 1er octobre au 28 février).Face à cette situation, un administrateur et trésorier de la Fédération des organisations de producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (Fopcc), par ailleurs producteur de café-cacao à Divo, est monté au créneau.Lors d’une conférence de presse tenue le mardi 14 avril 2026 à Abidjan, Idriss Coulibaly a interpellé les présidents de coopératives. « J’exhorte les responsables des sociétés coopératives à ne pas faire endosser aux producteurs des pertes non justifiées. Je compte sur leur bonne foi pour payer 2 800 F CFA/kg aux producteurs pour les fèves livrées en octobre, novembre et décembre 2025 », a-t-il insisté.Selon le conférencier, après des investigations, la majorité des exportateurs a acheté le cacao livré par les sociétés coopératives durant ces trois mois à 2 900 F CFA/kg, prix usine. « Il n’y a donc plus de raison valable pour que des producteurs détiennent encore des reçus de 2 800 F CFA/kg non réglés par les sociétés coopératives. C’est l’occasion pour moi d’inviter les producteurs concernés à se rapprocher de leurs responsables afin de réclamer leur dû », a-t-il affirmé.Concernant l’achat du stock résiduel de janvier 2026 (semaine 16) par le Conseil du café-cacao, M. Coulibaly a demandé la publication de la liste des sociétés coopératives ayant bénéficié des déchargements des productions inventoriées, afin de mieux orienter les producteurs dans leurs démarches. « D’une part, cette publication permettra de dédouaner les sociétés coopératives qui n’ont pas pu écouler leurs stocks résiduels inventoriés, afin qu’elles ne subissent pas injustement la pression de leurs membres. D’autre part, elle aidera les producteurs à réclamer leur dû auprès de celles ayant déjà commercialisé leurs stocks au prix de 2 900 F CFA/kg auprès du Conseil du café-cacao », a-t-il expliqué.S’agissant des exportateurs qui n’ont pas encore réglé certaines sociétés coopératives, l’administrateur de la Fopcc les a exhortés à le faire dans les plus brefs délais afin que les producteurs soient, à leur tour, payés. « S’il n’y a pas de producteurs, il n’y a pas de cacao, et il n’y aura pas de chocolat. La durabilité de notre filière passe nécessairement par le bien-être des producteurs », a-t-il conclu.
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