Fraternité Matin
Démarrée le 14 avril 2026, la réunion régionale de la communauté de pratiques et de savoirs (CoSav), organisée dans le cadre du programme Success, avec l'appui de l'Unitaid et de l'Initiative, a pris fin le jeudi 16 avril 2026, à Abidjan-Plateau, sur une note de satisfaction.Cette rencontre, qui s'est tenue pour la première fois en Côte d'Ivoire, a réuni sept délégations africaines (institutions, professionnels de santé, acteurs communautaires et partenaires techniques) autour des enjeux de présentation, de dépistage et de prise en charge du cancer du col de l'utérus. Il s'agissait de partager les enseignements issus du terrain, de consolider des outils opérationnels destinés aux professionnels de santé et surtout de formuler des recommandations régionales en faveur d'un accès élargi et durable au dépistage.Dr Olivier Adié, médecin de santé publique, chef de service planification et suivi évaluation du Programme national de lutte contre le cancer en Côte d’Ivoire, a indiqué que depuis 2010, la Côte d’Ivoire a entrepris le dépistage et le traitement des lésions précancéreuses du col de l’utérus chez les femmes. « Depuis 2021, on a commencé avec le test Hpv (persistante au papillomavirus humain) et cela nous confère une certaine expérience dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus », dit-il.Pour lui, cette réunion régionale était, pour la Côte d’Ivoire, un moment de partage de son expérience et de ses acquis avec les autres pays qui initient cette activité. Pour pérenniser les actions entreprises, Dr Olivier Adié souligne qu’il est nécessaire de passer par plusieurs étapes, notamment la mobilisation des ressources domestiques et l’accompagnement des différents États, qui sont primordiaux, car les partenaires, à un moment ou à un autre, peuvent se retirer ; ainsi que la formation des ressources humaines. Car dans les centres de santé, ce sont eux qui mènent les activités de prévention, de dépistage et d’intégration des acteurs communautaires dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus. En effet, c’est un problème qui est lié au sexe et dans certaines communautés où il est difficile de rentrer sans l’aval des leaders communautaires.A l'issue des trois jours de travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Il s'agit, entre autres, de renforcer les compétences en intégrant la prévention et la prise en charge dans la formation initiale des professionnels de santé et développer la formation continue pratique ; de mobilier les communautés en intégrant la sensibilisation (vaccination, dépistage) dans les activités communautaires et assurer une implication durable des acteurs, notamment les populations vulnérables ; garantir l'accès aux intrants en inscrivant les produits essentiels de dépistage et de traitement sur les listes nationales et en facilitant l'accessibilité ; d'assurer un financement durable en consolidant les financements nationaux, en développant des partenariats et en intégrant progressivement ces services dans la couverture sanitaire, et de renforcer la gouvernance en améliorant la coordination, la qualité des données et la coopération régionale à travers la CoSav.En somme, il faut une action collective durable et harmoniser afin de parvenir à réduire significativement le cancer du col de l'utérus en Afrique.Dans la même veine, l'Organisation mondiale de la santé (Oms) a lancé une stratégie mondiale visant à éliminer le cancer du col de l'utérus comme problème de santé publique. Cette stratégie est basée sur des cibles claires à atteindre d'ici 2030, et connues sous l'approche "90-70-90". En d'autres termes, 90% des filles vaccinées contre le Hpv avant 15 ans ; 70% des femmes dépistées à 35 et 45 ans, et 90% des femmes atteintes de lésions précancéreuses ou de cancer prises en charge.
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