Le Temps
Après cinq jours de grève, le conflit social chez Lufthansa s’enlise: des centaines de vols ont été annulés vendredi, y compris en Suisse, avec douze vols annulés à Zurich et quatre à Genève. La fermeture annoncée de la filiale «CityLine» attise la colère des syndicats, qui menacent de nouvelles mobilisations Les pilotes de Lufthansa ont poursuivi leur grève vendredi. Leur mouvement a entraîné vendredi l’annulation de centaines de vols, dont une poignée en Suisse, alors que le conflit social s’enlise et que des annonces de réduction des capacités de vol du groupe ont provoqué la colère des syndicats. «Après cinq jours de grève impliquant alternativement le personnel de cabine et les pilotes, la situation est plus envenimée que jamais», a déploré auprès de l’AFP Joachim Vázquez Bürger, président du syndicat du personnel de bord UFO. Il a estimé que la fermeture anticipée de la filiale régionale de Lufthansa, CityLine, que le groupe a justifiée jeudi par la hausse des prix du kérosène et le coût des mouvements sociaux, était une «provocation supplémentaire massive» qui «n’arrangeait pas ce conflit tarifaire». Lire aussi: Une grève chez Lufthansa continue de perturber le trafic aérien à Bâle, Genève et Zurich Certaines liaisons avec la Suisse perturbées La grève des pilotes a provoqué à nouveau vendredi l’annulation de plusieurs centaines de vols en Allemagne, notamment dans son plus grand aéroport à Francfort, qui a fait état de 647 annulations sur l’ensemble du trafic, selon une porte-parole de l’opérateur Fraport. Des liaisons vers la Suisse ont également été touchées. A l’aéroport de Zurich, six départs et autant d’arrivées à destination et en provenance de Francfort ont été annulés, a précisé vendredi une porte-parole à l’agence de presse ATS. A Genève, quatre vols au total ont été supprimés, à savoir une liaison vers Francfort et une autre vers Munich, selon un porte-parole. Lufthansa a assuré à l’AFP que le groupe avait pu proposer pendant les jours de grève «environ 70% du programme de vols prévus» sur l’ensemble de ses compagnies. Selon le groupe, le trafic devrait revenir pour l’essentiel à la normale dès samedi, «des annulations et des retards de vols isolés restant possibles». Des augmentations de salaires espérées Malgré les tensions croissantes, Joachim Vázquez Bürger a lui aussi indiqué qu'«il n’y avait pas d’autres décisions de grève actuellement», le syndicat attendant «de voir comment Lufthansa réagit». «Si aucune offre adéquate n’arrive, un syndicat n’aura d’autre choix que d’appeler à de nouvelles grèves», a-t-il averti. Le personnel de cabine se sont mobilisés à propos de leurs conditions de travail. Les pilotes de Lufthansa et de la filiale Cargo réclament quant à eux une hausse des contributions de l’employeur aux retraites d’entreprise, tandis que chez Cityline, les discussions devaient porter sur des augmentations de salaires. Une vive réaction des syndicats Par ailleurs, des propos dans une lettre ouverte de Karl Gernandt, président du conseil d’administration de Kühne Holding, actionnaire majeur du groupe Lufthansa, à propos du droit de grève, ont vivement fait réagir les syndicats vendredi. «Lorsqu’un actionnaire reproche au droit de grève d’être 'détourné' ou 'exercé par égoïsme', cela révèle avant tout une chose: un manque de sérieux», a estimé le syndicat Vereinigung Cockpit en réponse dans une autre lettre ouverte. Karl Gernandt «doit se demander sérieusement si la dynamique que suit la direction, consistant à s’attaquer à son propre personnel dans ce conflit avec une telle dureté, est dans l’intérêt des investisseurs», a renchéri Joachim Vázquez Bürger. Sollicité par l’AFP, le groupe Lufthansa n’a pas souhaité donner plus détails concernant l’état des négociations avec les syndicats.
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