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Quand le sommet du G7 met la ferveur populaire de la Coupe du monde hors jeu | Collector
Quand le sommet du G7 met la ferveur populaire de la Coupe du monde hors jeu
Le Temps

Quand le sommet du G7 met la ferveur populaire de la Coupe du monde hors jeu

ÉDITORIAL. Trois jours de sommet du G7 à Evian auront suffi à faire disparaître les fan-zones à Genève et à Lausanne. Au nom de la sécurité, les autorités privent les supporters d’un espace de rassemblement qui dépasse largement le simple cadre du football Une fan-zone n’est pas qu’un écran géant. C’est un lieu où l’émotion naît, se partage, se transmet. Où se fabriquent des souvenirs communs à des milliers de kilomètres des stades. Mais voilà, après Genève, Lausanne vient aussi de condamner ces espaces de ferveur populaire pour la Coupe du monde de football. En cause: la tenue du G7, du 15 au 17 juin à Evian. Trois jours de sommet diplomatique sous haute tension – importants, certes – suffisent ainsi à peser sur une compétition qui ne revient que tous les quatre ans. A Genève, le Conseil d’Etat a choisi la ligne dure en proscrivant toute manifestation d’envergure durant le mois de juin. Officiellement, rien n’est interdit dans le canton de Vaud, mais la ville de Lausanne a pris les devants, invoquant la pression sur les forces de police et, surtout, l’incertitude. Les autorités avancent à pas comptés, hantées par le souvenir des débordements du G8 de 2003, qui s’était alors déjà tenu sur les rives françaises du Léman. Dans une fan-zone, la Nati rassemble bien au-delà des habitués des stades: elle réunit des générations, des origines, des quartiers différents autour d’une même ferveur. Un soir de Coupe du monde, même les plus réservés se laissent gagner par l’élan collectif. Les supporters de la Nati, mais aussi les nombreuses diasporas qui colorent ces soirées, se retrouvent désormais sans point de ralliement. Certes, quelques initiatives locales verront le jour, à Nyon ou à Yverdon notamment. Mais elles ne remplaceront pas ces espaces collectifs où se joue bien plus qu’un match de football. Bien sûr, les supporters seront devant leurs écrans. Les décisions politiques n’entravent pas la passion du football. Mais difficile de ne pas avoir l’impression d’être relégués sur le banc de touche au profit des élites, qui occuperont le terrain. La sécurité du G7 est une nécessité. Mais interdire les fan-zones pendant un mois et demi de compétition pour trois jours de sommet, au prétexte qu’il manque des policiers, ressemble à une mauvaise excuse alors même que la Coupe du monde s’étend jusqu’au 19 juillet. A force de surjouer la défense, les autorités choisissent le renoncement plutôt que l’adaptation. Elles optent pour la facilité au détriment des festivités. Lire aussi: Fan-zones annulées à Genève et à Lausanne: les mesures de sécurité liées au G7 bouleversent la diffusion des matchs de la Coupe du monde

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