Fraternité Matin
Cipessa, une structure axée sur les politiques internationales des Tic en Afrique de l’Est et australe, basée en Ouganda, a organisé du 15 au 17 avril 2026, à Port-Bouët, un atelier de formation sur la sécurité numérique. La formation a réuni des journalistes, des activistes et des défenseurs des droits de l’homme de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et de la République démocratique du Congo.Durant ces trois jours, ils ont été équipés sur la compréhension des violences basées sur le genre facilitées par la technologie (Tfgbv), la communication sécurisée, la protection des appareils et des comptes liés au numérique, la navigation sécurisée, la documentation des preuves et les recours juridiques.Selon Juliet Nanfuka, membre de l’équipe de Cipessa, ces acteurs ont été sélectionnés en raison des risques qu’ils courent dans l’exercice de leur fonction. L’objectif, a-t-elle indiqué, est de renforcer leurs compétences en sécurité numérique, de leur permettre de mieux naviguer sur les réseaux sociaux en étant capables de se protéger contre les attaques visant leurs données personnelles et les insultes en ligne, mais aussi de leur permettre, en retour, de former leurs organisations et leurs communautés.Elle a signifié que leurs recherches ont démontré que les Tfgbv sont accrues au niveau de l’Afrique francophone. D’où le choix de la zone pour conduire la formation afin d’atténuer le phénomène.Le Fonds des nations unies pour la population (Unfpa), défit quant à lui , la Tfgbv est un acte de violence perpétré par une ou plusieurs personnes, commis, facilité, aggravé ou amplifié en partie ou en totalité par l’utilisation des technologies de l’information et de la communication ou des médias numériques, contre une personne en raison de son genre.Elle inclut le cyberharcèlement, le doxing, une pratique qui consiste à collecter puis divulguer publiquement des informations personnelles sur une personne sans son consentement, généralement dans l’intention de lui nuire, le partage non consensuel d’images intimes et d’autres formes de violence en ligne.Par ailleurs, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp), à travers sa Résolution 522 de 2022, a souligné la nécessité « urgente » pour les États africains de lutter contre les violences en ligne à l’égard des femmes et des filles.À l’en croire, en Afrique subsaharienne, les femmes ont 32 % de chances en moins que les hommes d’utiliser internet, en raison notamment du manque de compétences numériques, du coût, ainsi que des enjeux de sécurité. À cela s’ajoute une exposition plus élevée aux violences numériques, selon Juliet Nanfuka.Pour Cipessa, plusieurs défis persistent : des cadres juridiques insuffisants, une faible sensibilisation des décideurs et du public, la fracture numérique de genre, la banalisation des violences en ligne, le manque de mécanismes de réponse et de services de soutien pour les victimes, ainsi qu’une collaboration limitée entre organisations de la société civile, gouvernements et secteur privé.DANIELLE SERI (stagiaire)
Go to News Site