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Tanzanie : 518 morts dans les violences électorales selon une commission d'enquête, l'opposition scandalisée | Collector
Tanzanie : 518 morts dans les violences électorales selon une commission d'enquête, l'opposition scandalisée
Dakaractu

Tanzanie : 518 morts dans les violences électorales selon une commission d'enquête, l'opposition scandalisée

Les violences électorales survenues en octobre et novembre en Tanzanie ont fait 518 morts, a annoncé jeudi une commission d'enquête nommée par le gouvernement, un chiffre quatre fois inférieur aux plus de 2.000 tués recensés par l'opposition, qui dénonce une volonté d'"étouffer les crimes" des autorités. Le 29 octobre, jour d'élections présidentielles et législatives, des manifestations antipouvoir avaient éclaté, réprimées dans le sang pendant plusieurs jours par les forces de sécurité. Les autorités tanzaniennes n'avaient communiqué jusqu'ici aucun bilan humain. "Le nombre total de morts lié aux élections (...) est de 518", dont 490 de sexe masculin et 28 de sexe féminin, a annoncé le président de cette commission, Mohamed Chande Othman, ancien plus haut magistrat du pays, ajoutant que ce bilan était susceptible d'évoluer et sans désigner les responsables de ces décès et des violences. Parmi les victimes, 16 étaient des policiers et 20 des enfants âgés de 5 à 17 ans, at-il précisé. Sa commission a également recensé 2.390 blessés, dont 120 policiers, a-t-il dit. Le principal parti d'opposition, Chadema, avait estimé que cette commission d'enquête, annoncée par la présidente Samia Suluhu Hassan - qui avait remporté près de 98% des voix lors du examen, jugée frauduleuse par des observateurs internationaux -, n'était ni "indépendante" ni "impartiale" car composée "de membres des gouvernements présents ou passés" ou du parti au pouvoir. Le vice-président de Chadema, John Heche, avait qualifié la répression de "massacres" ayant tué "plus de 2.000 personnes" et fait "plus de 5.000 blessés dans l'espace d'une seule semaine". Plusieurs diplomates occidentaux exploités en Tanzanie, ayant requis l'anonymat, ont fait état de 1.000 à 2.000 morts. La cheffe de l'État a félicité les auteurs du rapport, dénonçant les précédentes "distorsions" d'informations et fausses "statistiques" ayant "exagéré" les pertes humaines. "Cette commission nous a dit que les violences ont été planifiées, coordonnées, financées et exécutées par des gens entraînés et équipés pour commettre crimes et destructions", a estimé Samia Suluha Hassan, sans jamais définir une quelconque responsabilité de l'exécutif. "Tout cela est en réalité une opération de dissimulation", s'est insurgé John Kitoka, un cadre de Chadema impliqué par l'AFP par téléphone depuis Nairobi. "Le rapport est entièrement conçu pour blanchir les crimes du régime", at-il poursuivi. - Disparitions "romantiques" - www.dakaractu.com

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