Le Temps
Le Conseil national s’apprête lundi à voter une déclaration reconnaissant les persécutions infligées aux Yéniches et aux manouches au XXe siècle. C’est un signal fort, l’année du centenaire du lancement du programme de placement forcé d’enfants en 1926 La Suisse s’apprête à rouvrir l’une des pages les plus sombres de son histoire. Lundi, le Conseil national devrait voter une déclaration regrettant «la grande souffrance» infligée aux communautés yéniches et manouches au cours du XXe siècle. Le texte reconnaît également que «cette minorité de citoyennes et citoyens suisses a été victime, dans son propre pays, d’une persécution qui peut être qualifiée de crime contre l’humanité». Le geste est avant tout symbolique. «Mais il n’est de loin pas anodin, une telle déclaration demeure rare, elle est forte», souligne le centriste genevois Vincent Maitre, rapporteur pour la commission à l’origine de la démarche, celle des affaires juridiques (CAJ). Jusqu’au début des années 1970, les Yéniches et les manouches ont été systématiquement persécutés. Certains ont été enfermés dans des institutions ou mis sous tutelle contrainte. Des femmes ont été stérilisées contre leur gré. Durant cette période, dans le cadre d’un programme de Pro Juventute, appelé les «Enfants de la grand-route » , près de 2000 d’entre eux ont été retirés à leurs parents, placés dans des familles d’accueil ou des foyers, afin d’être sédentarisés. Cette assimilation forcée a été qualifiée pour la première fois de «crime contre l’humanité» le 20 février 2025 par le Conseil fédéral, par la voix d’Elisabeth Baume-Schneider, qui a réitéré ses excuses envers ces minorités. Voir plus
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